‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 449 sur 643 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

avancé en âge et vénérable par sa sainteté, fut empêché par uneindisposition d'assister au concile ; mais il visita le roi à Dublin , et amusa les courtisans en leur montrant comme sa compagne de voyage une vache blanche dont le lait formait sa principale nourriture *.

Le désir de Henri avait été de passer l'été suivant en Irlande, de pénétrer jusqu'aux côtes de l'ouest et du nord, et d'assurer la soumission du pays en élevant des châteaux dans les positions favorables. Mais il fui rappelé en Angleterre au printemps par des affaires d'une plus grande urgence [H 72], et quitta l'île sans avoir ajouté un pouce de territoire aux conquêtes des premiers aventuriers. Sa souveraineté nominale s étendait, à la vérité , sur quatre des cinq provinces , mais son autorité réelle se bornait aux centaines voisines de ses garnisons. Là les coutumes et services féodaux furent introduits et mis en vigueur : dans le reste de l'île les lois nationales prévalurent, et les princes irlandais n'éprouvèrent d'autre changement dans leur situation que d'avoir promis à un prince éloigné l'obéissance qu'ils rendaient précédemment au roi de Connaught. À son départ , Henri avait donné le commandement suprême à Hugues de Lacy, avec le comté de Mealh pour fief [H 73]. Mais pendant la guerre qui survint entre le roi et ses fils , de Ldcy fut appelé au secours du père , et le gouvernement deé conquêtes anglaises revint au comte de Strigul , qui n'avait ni assez d'autorité pour réprimer la rapacité des siens , ni assez de force pour tenir en respect les dispositions hostiles de% indigènes. Les châteaux qui avaient été fortifiés dans le Meath furent réduits en cendres; Dublin fut insultée à plusieurs reprises; quatre chevaliers anglais et quatre Cents ostmen , leurs partisans , périrent dans une bataille à Ossory [WKi] , et le gouverneur lui-même fut forcé de chercher un refuge dans le château de Waterford. Un* renfort opportun de troupes fit lever le siège , et rétablit ia prépondérance des aventuriers anglais*.

Ce fut à cette époque, où son autorité en Irlande était presque anéantie , que Henri se rappela la lettre qu'il avait jadis obtenue du pape Adrien. Elle était restée oubliée pendant près de vingt ans ; elle fut tirée alors de l'obscurité, fut confiée à/ïuillaume Fitz- Aldhelm, et à Nicolas, prieur de Wallingford, et fut lue par eux avec beaucoup de solennité à un synode d'évêques irlandais5. Li-

1. Il mourut en 1174, dans sa quatre- vingt-septième année. Les quatre maîtres font de lui ce portrait : « Vir vîrginca purîtate et cordis munditia, coramDeo et hominibus gloriosus , in senectute bona sanctissime obiit. >♦ Id. ad ann.

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