Girald , 778. 782, 785, 78F
3. Id. 787. Henri obtint aussi à cette époque la confirmation de l'a conces-
bre à nous de conjecturer jusqu'à quel point elle servit à convaincre ces prélats que le roi était le légitime souverain de Tile; mais Tannée suivante [H7o] O Connor envoya l'archevêque de Tuam à Windsor, et un traité de « concorde définitive » fut conclu par les ministres des deux princes [7 oct.] . Dans cet instrument, Henristipule que son homme-lige Roderic, roi de Connaught, sera roi sous la couronne anglaise aussi long-temps qu'il fera fidèlement les services auxquels il est tenu ; que, moyennant le payement annuel d'un tribut, il possédera en paix ses propres terres, comme il faisait avant l'invasion ; qu'il aura sous lui tous les autres chefs de l'Irlande, qui garderont leurs terres en paix aussi long-temps qu'ils seront fidèles au roi d'Angleterre et qu'ils lui payeront tribut; que Roderic recueillera ce tribut et le transmettra à Henri ; qu'il punira ceux qui ne l'auront pas payé, et, s'il est nécessaire, qu'il réclamera à cet effet l'assistance du connétable du roi ; que le tribut sera le dixième des hides achetables faisant partie des terres des indigènes , et que l'autorité de Roderic s'étendra sur l'île entière à l'exception des terres domaniales appartenant à Henri , et de celles appartenant à ses barons, à savoir, Dublin, Meath, Wexford, et Waterford jusqu'à Duncannon ». Roderic ensuite livra un do ses fils à Henri comme caution de sa fidélité *. Mais des traités ne pouvaient enchaîner les passions des indi-
sion d'Adrien. « Concessionem ejusdem Adriani super hibemici regni dominio vobis indulto ratam habemus , et conifirmamus : quatenus, climinatis terr» illius spurcitiis, barbara natio, qu» christiano censetur nomine , vestra indulgentia morum induat venustatem » (Usser, Syl. episl. ini. Ces expressions ont excité l'indignation de quelques écrivains du pays, qui probablement n'étaient point au fait des causes qui avaient engage le pontife à en faire usage. Dans le Liber niger Scaccarii, p. 42-49, et dans le New Rymer, 45, se trouvent trois brefs datés du 20 septembre 1172, et adressés au roi d'Angleterre, aux rois et princes d'Irlande, et aux prélats qui s'étaient assemblés au concile de Cashel, et qui lui avaient envoyé un rapport écrit sur l'état de l'Eglise. Dans tous ces brefs, le pontife parle en termes énergiques des habitudes licencieuses et des passions indomptées du peuple. L'extrait suivant justifiera peut-être ces expressions offensantes, u Ut alias enormitates et vitia quibus eadem gens , omissa religione , Christian» fidei satis irreverenter deservit, omittamus. ... novercas suas publiée introducunt, et ex eis non erubescunt filios procreare ; frater uxore fratris eo vivente nbutitur, unus se duabus sororibus miscet, et plerique illorum, matre relicta, filias introducunt * (ib. p. 45). Et cette allégation ne repose pas seulement sur l'autorité du pontife ; elle est confirmée par tous les autres documents du temps. L'archevêque Lanfranc, et son successeur saint Anselme . dans leur correspondance avec les rois irlandais, font de semblables plaintes. Ce dernier dit : « Viri ita libère et publiée suas uxores uxorihus aliorum commutant , sicut quilibet equum equo » (Usscr, Si/l. rpist. 70, 91, 951. Voyez aussi saint Bernard, dans Vila Mal. 1932. 19iH, 1937 ; Girald. 74:?, 743. La vérité, ce premier devoir de l'historien, m'a obligé d'indiquer ces passages ; 'et je ne vois pas quel tort cela peut faire a l'honneur d'un peuple noble et hautement doué, de reconnaître que ses ancêtres, comme ceux de leurs voisins , étaient , au temps jadis , fort éloignés des habitudes et de la décence de la vie civilisée.