‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 455 sur 643 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

géante, quoique assez méritée, de Louis. « ïl s'est exprimé sur votre compte, dirent les deux prélats dans une lettre à Henri, avec liberté et apreté. Il a dit qu'il avait déjà été trop souvent dupe de vos artifices et de votre hypocrisie; que vous aviez à plusieurs reprises, et sous les plus légers prétextes , violé vos engagements les plus sacrés; et qu'après l'expérience qu'il avait faite de votre duplicité, il était déterminé à ne plus ajouter foi à vos promesses. Pardonnez-nous, royal sire, si nous croyons de notre devoir d'écrire ce qu'il nous a été pénible d'entendre ; mais nos instructions exigent non -seulement que nous nous acquittions du message qui nous a été confié, mais aussi que nous rendions la réponse que nous avons reçue1. »

A Pâques, les plans des trois princes commencèrent à se développer. Louis et les barons français, qui avaient été convoqués à cette occasion, s'engagèrent par serment à aider de tout leur pouvoir le jeune Henri à se mettre en possession de l'Angleterre; et lui, de son côté, s'engagea solennellement à ne jamais faire la paix avec son père sans le consentement du roi et de la noblesse de France. Philippe, comte de Flandre, qui était présent, et Guillaume, roi d'Ecosse, qui avait envoyé ses ambassadeurs, entrèrent dans la ligue ; et ces deux princes ne rougirent pas d'accepter , pour prix de leur service , le premier la concession du comté de Kent, le second celle du comté de Northumberland *. C'étaient de puissants auxiliaires; mais on comptait plus encore sur les promesses d'un grand nombre de barons du centre des États de Henri, qui, pour se délivrer du joug d'un monarque vigilant, étaient avides de mettre la couronne au front d'un jeune homme étourdi et indigent. La connaissance de ce fait avertit le roi de chercher assistance de tout côté. Par des dons généreux, il attira sous son étendard un corps de vingt mille aventuriers, le rebut de toutes les nations de l'Europe , qui , sous la dénomination commune de brabançons, avaient coutume de vendre leurs services au plus offrant; et en même temps, pour s'assurer l'aide de l'Église, il sollicita Alexandre , de la manière la plus pressante , de protéger de l'autorité papale le royaume d'Angleterre, « fief du saint-siége et patrimoine de saint Pierre, » contre les tentatives coupables de ses enfants égarés 5.

Au mois de juin , les confédérés commencèrent leurs opérations Sur les frontières de la Picardie, du Vexin et de la Bretagne. Phi-

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