‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 458 sur 643 · I . Hovcd. 307, 308. Newbrig. Il, 31, 32. Diceto · texte numérisé non relu

I . Hovcd. 307, 308. Newbrig. Il, 31, 32. Diceto

chaire et haranguait les spectateurs. Le prélat les Conjura de croire aux assertions d'un prince qui prenait si solennellement le ciel à témoin de son innocence. Henri n'avait ni ordonné ni comploté la mort du primat. Sa seule faute était une expression violente qui avait suggéré aux assassins l'idée du meurtre; et pour cette faute, quoique commise sans intention , il était venu faire pénitence et implorer le pardon du Tout-Puissant. A la fin de cette harangue, le roi se leva et se rendit au chapitre ; les moines du couvent et quelques évêques et abbés s'y étaient assemblés au nombre de quatre-vingts. Devant eux , le royal pénitent confessa sa faute à genoux; et chacun d'eux, tenant en main une corde à nœuds, en appliqua trois ou cinq coups sur les épaules du monarque. Après cette humiliation extraordinaire, il retourna à la crypte, passa la nuit en prières et assista à la messe du lendemain matin. [12 juill.] Alors, le cœur joyeux, il remonta à cheval et se rendit à Londres; mais le manque de nourriture , joint à là fatigue d'esprit et de corps, lui donna une fièvre qui le retint quelques jours dans sa chambre *.

La cinquième nuit de sa maladie , il arriva au palais un messager porteur de dépèches importantes. Ce fut en vain que la sentinelle de la porte extérieure et le garde posté à celle de la chambre à coucher lui refusèrent l'entrée, ses instances triomphèrent de leur répugnance, et il s'annonça lui-même au monarque réveillé comme le serviteur de Ranulf de Glanville. A la question , « Glanville se porte-t-il bien , » il répondit : « Mon maître se porte bien, et il a maintenant en son pouvoir votre ennemi le roi d'Écosse. » « Répète ces paroles, » s'écria Henri dans un transport de joie. Le messager les répéta et remit ses lettres1. Glanville y informait le roi que les barons du nord , pour arrêter les ravages des Écossais, s'étaient assemblés à Nevvcastle. Le matin du 12 juillet ils s'étaient dirigés vers Alnwïck, et avaient fait vingt-quatre milles en cinq heures : distance considérable pour des hommes et des chevaux embarrassés par des armures. La campagne était couverle d'un épais brouillard, qui, s'il favorisait leur marche, leur cachait en même temps la position de l'ennemi. Un d'entre eux conseillait de battre en retraite, lorsque Bernard de Baliol s'écria : « Quand tous s'en retourneraient, j'irais en avant. Jamais on ne reprochera à Baliol une lâcheté. » En ce moment le soleil dissipa le brouillard ; le château d'Alnwick étincela devant eux , et d'un coté , dans une prairie, ils aperçurent le ro

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