Diceto,577. Hoved
comptant sur la parole du roi , s'accordèrent un jour de repos et de plaisir. La joie, les danses et les fûtes régnaient dans les rues et dans les maisons; et, dans la plaine au delà de la rivière, les jeunes gens se livraient à l'exercice de la joute, tant pour s'amuser que pour irriter l'ennemi. Il arriva que , dans l'après-midi, quelques ecclésiastiques montèrent à la tour de la cathédrale , et, par curiosité, dirigèrent leurs yeux sur le camp des alliés. D'abord tout y fut silencieux; bientôt les hommes d'armes parurent marchant les rangs serrés, et tout indiqua un assaut immédiat et inopiné. Ils sonnèrent le tocsin : les ennemis coururent à l'escalade, les citoyens à la défense des murs; il s'engagea une lutte sanglante et opiniâtre; les assiégeants furent repoussés avec perte; et cette tentative manquée servit à mettre à nu la perfidie du comte de Flandre, qui l'avait proposée, et la faiblesse du roi de France, qui, contre son propre avis, y avait donné son consentement. Le lendemain matin , tous les regards furent attirés vers le pont par l'éclat des armes et le son des instruments de guerre. C'était l'armée anglaise marchant au secours de la ville sous la conduite de Henri, qui, afin de marquer son mépris pour l'ennemi, fit ouvrir immédiatement la porte du nord , qui avait été murée, et jeter sur le fossé une route large et unie pour le passage de la cavalerie. Les assiégeants furent alors en quelque sorte assiégés. Un corps de Gallois, accoutumé aux forêts et aux marécages, se glissa, à travers les bois, sur les derrières du camp et intercepta un convoi considérable de munitions et de vivres. Pendant deux jours les alliés luttèrent contre la privation de leurs arrivages accoutumés; le troisième , ils brûlèrent leurs machines et commencèrent leur retraite [4 4 août]. Ce fut en vain, toutefois, que le roi essaya d'entamer leur arrière-garde, qui fut protégée par la bravoure du comte de Flandre
Vaincus en deux campagnes successives par le génie ou par la fortune de Henri , les confédérés consentirent avec joie à un court armistice, avant-courrier d une paix générale. Richard, second fils du roi , refusa seul d'y être compris. Le jeune rebelle se croyait de force à lutter contre la puissance de son père. Mais la reddition journalière de ses châteaux et la défection croissante de ses vassaux domptèrent son obstination; et, après quelques semaines de résistance, il se jeta aux pieds du monarque, dont il invoqua l'affection paternelle [21 sept.] ». Henri le reçut gracieusement et le conduisit au lieu de la conférence, où il rencontra ses deux frères
1. Newbrig. n, 36. Hoved. 309. Bon Abb. i, 86. Diceto, 578, 579.