‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 461 sur 643 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

avec leurs protecteurs, Louis et Philippe. Les conditions du raccommodement furent aisément réglées [29 sept.]. Les trois princes s'engagèrent à rendre à leur père l'obéissance qui lui était due ; les conquêtes faites de part et d'autre furent restituées; le jeune roi reçut, deux châteaux en Normandie avec un revenu annuel de quinze mille livres, monnaie d'Anjou; Richard, deux châteaux en Poitou avec la moitié du revenu de ce comté; Gcoffroi , deux châteaux en Bretagne avec la moitié des rentes des terres du comte Conan , et la promesse du reste dans le cas où il épouserait la fille de ce seigneur. Richard et Geoffroi firent hommage et jurèrent fidélité à leur père, qui , par respect pour la dignité royale, refusa d'accepter, de son fils aîné ces preuves d'infériorité féodale. Ses captifs, au nombre de' neuf cent soixante-neuf chevaliers, furent immédiatement rendus à la liberté1.

Il n'y eut d'excepté de cette indulgence générale qu'un prisonnier de haute importance, Guillaume, roi d'Écosse, que Henri refusa de relâcher à moins qu'il ne reconnût que la couronne d'Écosse était tenue comme fief de la couronne d'Angleterre. L'infortuné monarque fut enfermé dans le chàteau-fort de Falaise ; mais, pour qu'il put avoir l'assistance de son conseil, on permit à une députation de prélats et de barons écossais de s'assembler et de délibérer dans la petite ville de Valognes. De leur avis et avec leur consentement, Guillaume se soumit à fléchir le genou devant Henri, « à devenir son homme-lige contre tout homme d'Écosse ou de ses autres terres, et à lui jurer fidélité comme à son seigneurlige de la mémo manière que ses autres hommes avaient coutume de jurer , et à rendre hommage au roi Henri le fils , sauf la foi qu'il devait au roi Henri le père [8 déc.]. » Il fut stipulé, en outre, que, sur la réquisition du roi d'Angleterre, la noblesse et le clergé écossais feraient aussi hommage, prêteraient serment d'allégeance, et jureraient que, si jamais Guillaume rompait ses engagements, ils prendraient parti pour Henri, comme leur seigneurlige, contre le roi d'Écosse et tous autres ennemis; [1175] que, comme sûretés, les cinq cluUeaux de Roxburgh , Berwick, Jedburgh , Édimbourg et Stirling seraient confiés à des garnisons anglaises; et que, dans l'intervalle, les frères de Guillaume et vingt barons resteraient comme otages au pouvoir de Henri , pour être échangés contre d'autres , leurs plus proches parents , dès que la livraison des forteresses aurait été effectuée. Le roi d'Écosse fut mis sur-le-champ en liberté [13 août], et, l'année suivante,

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