‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 462 sur 643 · Rymer, i, 37. ITovcd. 309. Diceto · texte numérisé non relu

Rymer, i, 37. ITovcd. 309. Diceto

'i90 HIST01BE D'ANGLETERRE.

le traité fut solennellement ratifié à York en présence des états des r!eu\ royaumes [15 août' *.

Le jeune Henri avait soigneusement remarqué la différence de conduite de son père envers lui et envers ses deux frères. Son hommage avait été refusé, tandis que le leur avait été accepté; et cette circonstance, qui l'avertissait de se méfier de la sincérité de la réconciliation, jetait dans son esprit les soupçons les plus alarmants. Lorsque le roi se disposa à retourner en Angleterre, il résolut, quant à lui, de rester en Normandie; et, à l'ordre formel d'accompagner son père, il répondit par un refus non moins formel. Il en serait résulté une autre guerre, *si, à la sollicitation pressante de ses amis, il n'eut pas visité Henri à Bure, près de Caen , et conjuré son père à genoux d'accepter son hommage. Sa requête lui fut accordée [1er avril]; et ce prince, qui se méfiait de l'affection naturelle d'un père pour son enfant, se re|>osa sans crainte sur le lien artificiel par lequel la coutume attachait le seigneur à son vassal. Les deux rois firent voile ensemble vers l'Angleterre; et, pendant plusieurs semaines, pour convaincre la nation de leur confiance mutuelle, ils mangèrent journellement à la même table, et dormirent toutes les nuits dans le même lit *.

Vainqueur de ses ennemis et en paix avec ses enfants, Henri put enfin jouir de quelques années de repos. Il ne perdit pourtant pas son temps dans l'oisiveté , mais il consacra son attention ù deux objets très-importants : l'investigation de la conduite de ses officiers et la réforme de l'administration intérieure de ses États. Pour que le lecteur puisse apprécier ses vues et suivre leur influence sur nos institutions présentes, il sera nécessaire de décrire la manière dont la justice avait été rendue jusqu'alors et d'indiquer les changements qui furent introduits, en partie par la sagesse et en partie par l'avarice du roi. <

I. Le lecteur a vu que la conquête des Normands , quoiqu'elle eût modifié la constitution judiciaire des Anglo-Saxons , ne 1 avait point abolie. Les traits principaux s'en étaient distinctement conservés, et les cours du manoir, de la centaine et du comté , conti-

1. Rym. i, 39, 40. Bened. Abb. 113-8. Ce n'était pas la première fois que Guillaume rendait hommage. Au couronnement du jeune Henri , il avait été forcé de lui rendre hommage et de lui Jurer fidélité contre tous, excepté son père , et, plus tard, sur la sommation de Henri, il siégea avec une députatioii de prélats et de seigneurs écossais, et mit à exécution le jugement de la cour du roi dans l'affaire de Roland , fl's d Tchtrcd (Bened. Abb. 447 i. B'après le traité de Valognes , l'Eglise d'Ecosse devait prêter serinent d'obéissance à celle d'Angleterre ; mais lorsque ce serment fut demandé par l'archevêque d'York, on répondit qu'on n'en devait point ; et la réponse après une longue controverse , fut approuvée du pape Clément III, en 1188 Hoved. 371.

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