Gervas», U10-U12. Hoved
HISTOIRE b* ANGLETERRE.
chef do la couronne étaient jugés par leurs pairs. Le monarque lui-même présidait , à moins qu'il ne fut une des parties ; auquel cas il nommait un président, et souvent remplissait l'office de poursuivant. C'était, du moins parfois, un tribunal des plus iniques, un instrument d'oppression légale aux mains d'un souverain vindicatif. Les nombreuses obligations et l'organisation embrouillée du système féodal fournissaient en tout temps suffisamment de charges contre un baron ou un prélat incommode , et il était fort rare qu'un pair osât encourir le déplaisir du roi en se levant pour défendre l'innocence. En général, la victime était condamnée à la confiscation de ses biens et effets mobiliers. Comme elle était alors « à la merci du roi , » ses amis employaient leurs efforts à obtenir du monarque une diminution de l'amende, qu'on s'attendait à lui voir accepter comme compromis. Mais, ainsi que nous l'avons vu dans le procès de l'archevêque Anselme sous Guillaume-le- Roux, et dans celui de l'archevêque Becket sous le présent règne, il restait toujours au pouvoir du roi de multiplier les charges et ainsi , en ajoutant amende sur amende , d'écraser en définitive l'objet de son ressentiment.
Ce n'était, néanmoins, qu'à certaines époques que la « cour du roi » siégeait dans toute sa splendeur et au grand complet. Le reste du temps ses juges se composaient du grand-justicier, du chancelier et du trésorier , ministres dont le maintien en place dépendait de la volonté royale ; du connétable, du chambellan, du maréchal et de l'intendant , qui tenaient leurs dignités par droit héréditaire 1 , et de quelques-uns des chapelains du roi et clercs savants en droit, qui étaient désignés par le monarque et appelés ses juges. Ce tribunal possédait tous les différents pouvoirs qui , depuis , ont été répartis entre les trois cours du banc du roi , des plaids communs et de l'échiquier; mais il est difficile aujourd'hui de déterminer l'époque réelle à laquelle cette répartition eut lieu.
1. 1° Le grand -justicier était le premier officier du royaume. Il présidait le conseil , était régent en l'absence du roi , et réunissait en lui tous les pouvoirs attaches aux fonctions de chef de Injustice. 2° Il a déjà été question de l'office de chancelier. 3° Le trésorier certifiait les édits rendus pour lever les revenus, et surveillait les recettes et dépenses de l'échiquier (Madox, T, 2). Le connétable et le maréchal avaient des commandements militaires , organisaient l'année , et s'informaient fi chaque tenancier militaire avait fourni le nombre d'hommes requis iRym. 11,783'. En outre , le connétable prenait connaissance des engagements de faits d'armes hors du royaume {Stal. 13, Rich. 11 ) , certifiait les mêmes pièces que le trésorier, examinait à l'échiquier les comptes des troupes soldées , et recevait comme honoraires deux sous par livre sur leur paye [Dial.dc Scuc. i, 10; Rym. il, 161). Le maréchal veillait à la sûreté de la personne du roi dans le palais , distribuait les logements à sa suite , maintenait la paix dans la maison royale , et donnait des certificats aux barons qui avaient rempli leurs engagements pour service militaire (ibid.). Le chambellan et l'intendant avaient à peu près les mêmes fonctions que , de nos jours, lc^lord chambellan.