‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 467 sur 643 · Pet. Bles. Ep · texte numérisé non relu

Pet. Bles. Ep

forestiers que le roi tirait profit ; même les plaids communs de sujet à sujet apportaient à l'échiquier une moisson abondante. Qu'une action fut commencée ou discontinuée , pressée ou retardée, terminée ou portée devant un tribunal supérieur, à chaque pas le monarque réclamait un présent ou une amende de l'une des parties et de toutes deux. Avant que les plaidoiries fussent entamées, il était toujours nécessaire de payer une somme d'argent au trésorier, et souvent de prendre l'engagement de la doubler en cas de jugement favorable. Dans les procès pour dette , le plaignant était obligé de promettre une portion de la somme ou des sommes qu'il viendrait à recouvrer ; et cette portion était fixée par une négociation préliminaire, souvent à une moitié, rarement à moins d'un cinquième de la demande totale. On savait généralement que l'argent avait plus d'influence que la justice dans les cours royales ; et il se rencontre des cas où une des parties fait un présent au roi pour accélérer la décision , et où l'autre, par une offre plus considérable, réussit à la retarder. Si le défendeur était dans l'opulence, il pouvait aisément paralyser la juste réclamation d'un plaignant pauvre, à moins que ce dernier n'obtint l'aide d'amis puissants. En payant un droit coûteux un riche pouvait acheter un ordre qui lui interdisait toute réponse; ou il pouvait obtenir une charte qui l'exemptait de la juridiction de tous autres magistrats, et lui permettait de ne plaider que devant le roi en personne *. Puis venait ajournement sur ajournement; car le roi était souvent occupé d'affaires plus importantes , ou appelé au dehors pour prendre soin de ses États d'outre-mer ; et ainsi le procès pouvait se prolonger d'année en année , non-seulement au désappointement , mais à la ruine de la partie la moins riche, qui avait à se présenter souvent, peut-être une vingtaine de fois, avec son conseil et ses témoins avant que le jugement fut prononcé ». Il est de la dernière évidence que de telles pratiques étaient incompatibles avec une équitable administration de la justice ; cependant les écrivains du temps n'en parlent pas en termes de réprobation. Elles avaient prévalu jusqu'à un certain point sous les princes anglo-saxons, et il paraît que l'ancienneté de la chose réconciliait avec son iniquité. Mais, outre les droits payés au souverain, les juges exigeaient souvent des présents pour eux-mêmes, et l'on se plaignait hautement de leur vénalité et de leur injustice. Henri, qui n'admettait pas dans les autres cetamour de l'argent

1. Des droits de toutes ces différentes sortes se trouvent portés à chaque année des rôles de l'échiquier {apud Madox, passim}. Quand un de ces droits s'élevait à 500 marcs , 1 marc d'or en sus était dû à la reine. Dial. de Scoc. n, 26.

2. Voyez un récit amusant des comparutions et dépenses de Richard d'Anesty, en 1156, publié par sir Francis Palgrave u, lxxxiv.

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