‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 475 sur 643 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

livres, à laquelle il en faut ajouter soixante mille de plus extorquées aux juifs, à raison d'un quart de leur propriété personnelle *. En même temps il écrivit aux empereurs d'Allemagne et do Constantinople et à Bela, roi de Hongrie, pour leur annoncer son dessein, et leur demander passage à travers leurs Élats avec la liberté d'un marché franc. Il reçut de tous trois des réponses favorables; et l'on ne peut douter qu'il n'eût entrepris l'expédition s'il n'eût été engagé dans des hostilités avec le roi de France par la turbulence de son fils Richard, et si sa paix avec ce monarque n'eût été promptement suivie de sa mort.

Le lecteur n'aura pas oublié la révolte et le pardon des fils de ' Henri. Ces princes excellaient dans tous les exercices guerriers du temps. L'aîné, déposant la dignité et le titre de roi, avait passé trois années sur le continent comme un simple aventurier, déployant sa bravoure dans tous les tournois, et remportant fréquemment le prix de la valeur ». Son exemple fut avidement imité par ses frères Richard et Geofîroi , et leur père écoutait avec orgueil le récit de leurs triomphes et de l'admiration qu'ils excitaient. Des écrivains modernes ont représenté la profession de la chevalerie comme l'école de l'honneur et de la probité ; malheureusement l'histoire a conservé peu de traits de ces vertus dans le caractère des anciens chevaliers. Les fils du roi étaient sans doute braves, pleins de munificence et de mérite; mais leur bravoure était souvent entachée de cruauté, leur munificence alimentée par la violence, et leur mérite ne servait qu'à montrer sous de plus vives couleurs leur perfidie et leur ingratitude. Lorsque Henri*ordonna à Richard de faire hommage à son frère aîné pour le duché d'Aquitaine, ce prince altier s'y refusa [4 4 83] . Il avait, dit-il, fait hommage à son père, de qui il l'avait reçu, et au roi de France, qui était son suzerain ; mais il ne devait point, et conséquemment ne pouvait pas promettre à son frère service ou fidélité. Cet affront se grava profondément dans l'esprit du jeune roi, qui chercha et ne tarda pas à trouver une occasion de vengeance. Richard gouvernait ses sujets avec un sceptre de fer. Ses exactions étaient incessantes ; la plus légère désobéissance provoquait sur-le-champ un châtiment sévère, et aucune femme, à moins qu'elle ne fût dans les murs d'un château, n'était à l'abri des insultes du prince ou des bandits effrénés qui exécutaient ses ordres. Ses barons se révoltèrent, et, à leur invitation, le jeune Henri envahit le duché, avec son frère

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