‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 494 sur 643 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

fois chaque soir par la voix d'un héraut dans tout le camp. Richard cachait ses sentiments à ses compagnons ; mais il avait appris à douter. du succès de l'entreprise, et, dans ses lettres en Europe, il sollicitait instamment des secours d'hommes et d'argent1. Cependant, malgré ces impressions, il n'hésita pas à conduire son armée vers la cité sainte [1492]. Il atteignit mémo Ramsa et Béthanie, places situées à peu de distance de Jérusalem; mais le temps devint pluvieux et orageux , une disette se fit sentir, la maladie se répandit dans les rangs, et beaucoup de croisés, perdant courage, abandonnèrent l'expédition. Il était évident que Richard devait ou retourner à Jafla, ou tenter à l'instant, sans espérance, d'emporter d'assaut une place bien fortifiée et défendue par une armée plus nombreuse que la sienne. Pour cette fois il écouta les conseils de la prudence, et battit en retraite vers la côte [\ 4 janv.] *.

Le manque d'union était le principal malheur des croisés. Au lieu de former un seul grand corps mu par la volonté d'un seul individu, c'étaient autant de guerriers volontaires et par conséquent indépendants qui servaient. sous les chefs qu'ils préféraient et pour aussi peu de temps qu'ils voulaient. Le roi d'Angleterre, à cause de la supériorité de son rang, avait bien le commandement nominal; mais il était obligé de communiquer tous ses plans à ses compagnons, qui souvent s'y opposaient, tantôt par mésintelligence particulière ou jalousie nationale , tantôt par intérêt personnel ou différence d'opinion; et il reconnut bientôt que c'était une tache plus difficile de maintenir de l'accord entre les croisés et de s'assurer de leur coopération , que de contrecarrer les projets ou de défaire les armées de Saladin. Les prétentions rivales de Guy de Lusignan et de Conrad de Montferrat étaient un grand sujet de dissension. Après de longs débats, Richard, pour rétablir l'harmonie, consentit à abandonner la cause de Guy, et, immédiatement après, Conrad fut assassiné dans les rues de Tyr [27 avril]. Si l'ancienne querelle du roi avec ce prince sembla autoriser le bruit qu'il n'était point étranger à ce meurtre, son'déni solennel, son caractère personnel et le manque de preuves doivent l'absoudre de cette imputation. Son neveu, Henri de Champagne, épousa la veuve de Conrad, et reçut avec elle les droits qu'elle avait à la couronne imaginaire de Jérusalem. Richard les reconnut; et, pour indemniser Lusignan, il lui donna l'île de Chypre K

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