‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 500 sur 643 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

La seconde tentative affaiblit le pouvoir de Longchamp, mais sans l'abattre. Pour quelque délit réel ou supposé , il avait condamné Gérard de Camville à perdre sa charge de shériff ainsi que la garde du château de Lincoln; mais, tandis qu'il assiégeait cette forteresse, Jean, à la tète d'une nombreuse armée, surprit les châteaux royaux de Nottingham et de Tickhill. Le chancelier fut pris au dépourvu : ne se sentant pas de force à entrer en lutte, il offrit de négocier; et, après le rejet de plusieurs propositions, on convint mutuellement qu'un certain nombre de châteaux du roi seraient mis sous la garde de différents barons qui jureraient de les conserver au roi pendant sa vie , et de les remettre à Jean en cas de mort du roi. Par cet arrangement le prince faisait un pas important vers l'objet de son ambition . tandis que le chancelier restait en possession de l'autorité royale

Cette querelle fut suivie d'une autre encore plus désastreuse pour Longchamp. Geoffroi, frère naturel du roi, avait été nommé au siège archiépiscopal d'York; mais Richard, quoiqu'il eût pardonné au nouveau prélat en considération d'une grosse somme d'argent, le força de jurer qu'il continuerait de résider sur le continent , et en même temps défendit à tous les archevêques de ses États de lui donner la consécration. En dépit, toutefois, de cette prohibition , il fut consacré par l'archevêque de Tours en vertu d'un mandat du pape, et, au mépris de son serment, il se hâta de venir prendre possession de son église en Angleterre. Le chancelier, qui de loin épiait tous ses mouvements, avait donné l'ordre qu'à son arrivée il fût requis de prêter serment d'allégeance, ou de quitter immédiatement le royaume [M sept.]. Geoffroi évita les officiers, se réfugia dans l'église de Saint- Martin, et, quand la réquisition lui fut faite, il répondit avec hauteur qu'il ne se soumettrait jamais aux ordres d'un traître tel que l'évèque d'Ely*. Pendant trois jours on respecta son asile; le quatrième, on le mena de force au château de Douvres, à la sollicitation de l'évéque de Londres, qui donna caution que Geoffroi ferait tout ce que les barons et les prélats déclareraient que c'était son devoir de faire. Longchamp consentit à le relâcher et à le laisser se rendre dans la capitale.

La nouvelle de cet événement fut reçue avec plaisir par Jean et par son parti. Ce prince, qui jusqu'alors avait regardé son frère illégitime comme un ennemi, prétendit alors éprouver pour lui la» plus tendre affection. Il écrivit à tous les évèques et barons de s'assembler à Readin^ , tandis que Longchamp , par d'autres let-

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