Hoved
2. Il avait anciennement fait hommage à Geoffroi. Anq. Snc. il, 390.
très, leur défendait d'accepter l'invitation d'un prince dont le but émit de voler l'héritage de son souverain. Néanmoins l'assemblée fut tenue [6 oct.]; Jean et Geoffroi s'y rencontrèrent, pleurèrent et s'embrassèrent , et ce dernier conjura à genoux les pairs ses collègues de venger l'insulte faite en sa personne aux immunités de l'Église et au droit d'asile. Deux papiers fort suspects furent produils et lus, tous deux donnés pour être des lettres de Richard : l'un, comme on l'a déjà indiqué, formant un conseil de régence avec l'archevêque de Rouen pour président ; l'autre déliant Geoffroi de son serment et lui permettant de visiter son diocèse. Le chancelier s'était engagé à paraître devant eux. Il avait môme rassemblé une armée formidable : mais la méfiance et la terreur le déterminèrent à fuir de Windsor à Londres [8 oct.], où il exhorta les citoyens à fermer leurs portes aux ennemis du roi ; et, les trouvant peu disposés à obéir, il se retira dans la Tour. Il fut suivi dans la capitale par ses ennemis , qui obtinrent accès en prêtant serment d'être fidèles à Richard et de maintenir les franchises de la cité. Longchamp, dans un conseil tenu au cimetière de Saint-Paul, Ait condamné à résigner la charge de justicier, à rendre tous les Châteaux royaux, à l'exception de trois, et à donner caution qu'il ne quitterait pas le royaume sans avoir rempli ces conditions [40 oct.] *. Cédant à la supériorité des forces, il se retira au château de Douvres , dont le gouverneur avait épousé sa sœur, et de là il essaya de s'enfuir à Calais sous des habits de femme. Mais comme il marchait sur le rivage, un paquet de toile sous un bras et une mesure sous l'autre, sa tournure extraordinaire excita des soupçons. Examiné de plus près, on découvrit sa barbe, et les femmes de l'endroit l'accablèrent d'insultes jusqu'à ce que les officiers vinssent le sauver de leur furie et le conduire en prison. Jean était tenté de l'abreuver encore plus d'humiliations; mais, à la prière des évêques, il lui permit de passer la mer, et nomma l'archevêque de Rouen grand-justicier et vice-chancelier à sa place ».
Longchamp fit une tentative pour recouvrer son autorité perdue. Par des présents considérables et des protestations d'attachement,
obtint de Jean les plus fortes assurances de protection et reçut, par ses messagers à la cour de Rome , le renouvellement de ses pouvoirs de légat, expirés à la mort du pontife, de qui il les tenait originairement. Enorgueilli de cette perspective, il expédia en
1. Hovcd. 399. Diceto, 660. Gervase, 1577. Ang. Sac, H, 390-399.
2. Gerv. 1578. Les ridicules histoires rapportées par Hugues de Coventry (Hovcd. 400), et répétées par Giraklus i Ang. Sac. n, 401 ), ne méritent aucun crédit. Pierre de Blois écrivit n Hugues une lettre trAs-sévére & ce sujet. Hoved. 401.