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foia à une distance de quarante jours; et alors, comme Jean avait des terres en Normandie et était en ce moment en France, trois pairs se rendirent à la cour de son seigneur souverain le roi de France, pour réitérer l'accusation et demander contre lui un jugement par contumace1. Le troisième jour du conseil, une taxe de deux shillings fut imposée sur chaque caracute de terre, et les tenanciers militaires de la couronne furent requis d'accompagner le roi en Normandie sur le pied d'un tiers du service auquel ils étaient obligés par leurs tenures. Le dernier jour fut employé à discuter la question extraordinaire de savoir s'il était nécessaire que le roi fût couronné de nouveau. Contrairement à son opinion, on se prononça pour l'affirmative; et la cérémonie fut faite à Winchester par Hubert, archevêque de Canterbury [M avril] ».
Richard alors se hâta de rejoindre son armée à Portsmouth. Le vent était contraire; mais son impatience méprisa l'opinion et les avertissements des matelots. Il mit à la voile [2 mai] ; la nuit fut sombre et orageuse, et le lendemain matin il fut heureux d'échapper au danger en rentrant dans le port. Après un ennuyeux délai de quinze jours, il atteignit la Normandie, et fut reçu au débarquer par son frère Jean. Ce prince , dont la pusillanimité égalait l'ambition , implora à genoux le pardon d'un souverain qu'il avait si cruellement offensé. Mais il s'était assuré un puissant intercesseur dans la reine-mère, dont les prières le firent rentrer en grâce ; cependant Richard refusa net de lui rendre ses terres et ses châteaux 5.
Ce serait fatiguer la patience du lecteur que de le mener à travers un long et languissant détail d'actions militaires qui ont cessé d'ôtre intéressantes. Les finances de Philippe, aussi bien que celles de Richard , étaient épuisées; et les deux rois étaien' forcés de conduire leurs opérations sur une trop petite échelle pour produire d'importants résultais. Par pure lassilude et impuissance , ils consentaient souvent à un armistice; et aussi souvent, sous prétexte de quelque offense réelle ou imaginaire , ils manquaient à leur parole et de nouveau couraient aux armes. A chaque reprise leurs passions s'enûammaient davantage; l'esprit de représailles les poussait à de nouvelles cruautés , et, à la fin, chaque parti, au lieu d'accepter une rançon , arracha fréquemment les yeux de ses prisonniers *. Cependant leurs moyens de nuire se balançaient si éga-