‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 508 sur 643 · Hoved. 421. Mattb. Paris · texte numérisé non relu

Hoved. 421. Mattb. Paris

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540 HISTOIRE D'A.NGLfclTfcKKE.

lement, qu'après six années d'une guerre variable et sanglante il eût été difficile de déterminer en faveur de qui la fortune avait penché. La plus brillante action, dans cette lutte, eut lieu entre Gisors et Courcellcs. Philippe était parti de Mantes avec trois cents chevaliers, leurs écuyers et un gros corps de cavalerie. Son intention était de faire lever le siéga de Courcelles; mais Courcelles s'était déjà rendue, et il rencontra Richard sur la route de Gisors. Âpres un vif engagement, les Français s'enfuirent vers cette forteresse; le pont rompit sous le poids des fuyards, et le roi, avec vingt chevaliers , tous armés de pied en cap , fut précipité dans la rivière d'Epte. Ceux-ci périrent. Philippe fut tiré d'affaire à grand'peine, et dût sa sûreté au dévouement des siens, qui se retournèrent vaillamment contre les assaillants, et recommencèrent le combat jusqu'à ce qu'ils fussent tous pris ou tués. Quarante barons , cent chevaliers et cent quarante chevaux de bataille, bardés de fer, furent le prix de la victoire. Richard, dans une circulaire, fit part de cette nouvelle à ses amis d'Angleterre, et se vanta , avec une dédaigneuse complaisance, d'avoir fait boire au roi de France les eaux de l'Epie *.

Le sort des armes lui fournit une occasion plus flatteuse encore de satisfaire son ressentiment. Philippe, évôque de Beauvais, sous prétexte qu'il avait à soutenir son rôle de comte aussi bien que celui d'évèque, s'était abandonné à son humeur belliqueuse, avait combattu à la tète de ses vassaux, et acquis la réputation d'un hardi et heureux guerrier. Il advint toutefois que , dans une escarmouche sous les murs de Beauvais , il fut pris par Marchadée , commandant des mercenaires du roi. On ne pouvait otîrir à Richard un présent plus agréable. C'était à l'influence de ce prélat, alors envoyé de France à la cour de l'empereur Henri, que le prince anglais attribuait le plus cuisant des affronts qu'il avait eu à souffrir dans sa captivité, celui d'être enchaîné comme un criminel. Philippe fut immédiatement jeté dans un cachot du château de Rouen, et chargé de fers aussi pesants qu'il les pouvait porter. Désespérant d'adoucir le roi , il eut recours à l'autorité du pontife , dont il reçut une réprimande sévère , mais méritée. Il avait, dit Célestin , pris le casque au lieu de !a mitre, et négligé les devoirs de sa place pour se mêler au tumulte des combats. Et, ce qui aggravait sa faute, il avait combattu contre le champion de la croix, qui ne cherchait qu'à recouvrer ce qui lui appartenait; et en faveur d'un

pions de chaque côté. Richard fit la réponse sarcastique : qu'il ne demandait pas mieux , si le roi de France et lui étaient du nombre. Diceto, 676. I. Hoved. 444. Diceto, 704. Par. 162. Rym. i, 96.

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