‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 52 sur 643 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Hcngist et ses successeurs se contentèrent de la possession du Kent. Au nord, à Test et au sud leur petit État était protégé par la Tamise et par la mer; à l'ouest, ils furent garantis des hostilités des indigènes par l'établissement intermédiaire d'une nouvelle bande d'aventuriers commandés par ALMa et ses trois fils. En 477, ces maraudeurs abordèrent à Cymcnsore, près de Withering, dans l'île de Selsey. Les Bretons firent une résistance obstinée; mais ils furent défaits avec une perte considérable, et forcés de se réfugier dans l'Andredsw old , forêt de cent vingt milles de long et de trente de large. Les progrès d'.Ella furent lents. En 485, il livra une grande bataille dont le résultat est inconnu ; et ce ne fut qu'en 490 qu'il put pénétrer jusqu'à la ville d'Anderid , qui donnait son nom à la contrée et était regardée comme une forteresse imprenable ; sa destinée est célèbre dans nos annales. Tandis que les Saxons assiégeaient cette ville, ils furent eux-mêmes assiégés par une armée nombreuse de Bretons qui ne leur laissa de repos ni jour ni nuit. Chaque fois qu'ils donnaient un assaut, les indigènes les attaquaient par derrière ; et s'ils se tournaient contre les assaillants, ceux-ci trouvaient immédiatement un asile dans les bois, d'où ils sortaient de nouveau dès que les Saxons reprenaient leur première position. Ce fatigant mode de guerre suggéra au barbare l'idée naturelle de diviser son armée en deux corps, dont l'un conduisait le siège, tandis que l'autre surveillait les mouvements de l'ennemi qui était hors des murs. A la fin les Saxons se firent jour dans la place, qu'ils réduisirent en cendres, et tous les habitants furent passés au fil de l'épée*. [A. D. 489.] Cette victoire assura à M\\a la possession de ses conquêtes antérieures, et il devint le fondateur du royaume de Sussex.

Cinq ans après la destruction d'Anderid , un plus puissant armement de cinq chiules parut dans le détroit. H était commandé par Cerdrid, qui, faisant voile au delà des conquêtes précédentes de ses compatriotes, aborda plus à l'ouest, dans un endroit qui, par suite de cette circonstance, reçut le nom de Cerdicsore 8. Natanleod, roi de ce district, tint tête aux étrangers avec intrépidité et persévérance; et Cédric, à plusieurs reprises, fut obligé de sol-

Missement en Bretagne , puisqu'il ajoute que les Breton» les attaquèrent et les défirent là. Il se peut qu'il fasse allusion à la bataille de Wyppedsfleet. Il y a un endroit de ce nom dans l'île de Thanet; mais il est fort incertain que ç'ait été le lieu du combat.

1. Chron. sax. 14, 15. Hunt, 179. La contenance du Sussex était évaluée à 7000 hides de terre. Bed. iv, 13. Le hide était d'environ 40 arpents. [Notedu traducteur.)

2. Iligden nous dit que ce « shore of Cerdic , rivage de Ccrdic , » est Yarmouth Gale , p. 224). Il entend probablement Yarmouth dans l'île de Wight.

1 ici Un* la coopération d'autres aventuriers. En 301, Porta arriva à Portsmouth avec deux chiules, et tua un prince breton qui empêchait son débarquement. Néanmoins Natanleod continua de retarder la marche des envahisseurs, et, en 508, il mit Cerdic en déroute; mais tandis qu'il le poursuivait il fut attaqué par Cynric, et périt sur le champ de bataille avec cinq mille Bretons. Même cette importante victoire ne donna pas au Saxon la possession paisible du pays. En 514, ses forces s'accrurent beaucoup par l'arrivée de ses neveux Stuffa et Withgar avec trois chiules à Cerdicsore : des victoires multipliées étendirent successivement les conquêtes de ces étrangers, et en 519 la grande bataille de Charford sur l'A von établit définitivement le royaume de Wessex ou des Saxons de l'ouest. Cerdic, après avoir associé son fils Cynric à la dignité royale et donné à ses neveux, sous sa suzeraineté, l'île de Wight, mourut en 534 4.

Le succès de ces aventuriers avait imprimé une direction nouvelle à la politique des Saxons. Le but avait été d'abord le pillage : ils parvinrent à coloniser. Pour former de nouveaux établissements dans une contrée plus riche et sous un ciel plus riant, les chefs les plus entreprenants abondonnèrent leurs foyers, et furent suivis d'une foule avide de partager leur fortune. Il n'y eut pas un point de la côte orientale, depuis le frith ou détroit de Forth jusqu'à l'embouchure de la Tamise, qui ne fût visité par des hordes de barbares. Tandis que Cerdic luttait contre les Bretons du midi, plusieurs chefs indépendants avaient poussé leurs conquêtes sur la rive gauche de la Tamise, et, en 530, Erkemvin s'était rendu souverain de l'Essex ou des Saxons de l'est*. L'esprit entreprenant des Angles les avait portés à abandonner entièrement leur pays natal i. Plusieurs divisions de ces peuples débarquèrent au nord des Saxons de l'est : Uffa, dont les successeurs furent appelés, d'après lui, Uftingas, fut choisi pour leur monarque; et telle était leur puissance que, tout en faisant des conquêtes sur les Bretons, ils pouvaient fournir des hommes pour une expédition étrangère \ La fille d'un de leurs chefs avait été fiancée à Radigis , prince des Varncs , peuple de la rive septentrionale du Rhin. Mais à la mort de son père, Radigis épousa sa belle-mère, fille du Franc Théodebert, et les Est-Angles résolurent de venger

1. Chron. sax. 15-19. Hunt. 179. Whitgar et Stuffa passèrent au fil de lepée tous les Bretons de l'île. Asscr. p. 5.

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