Paris, 212. Dans. 60. Rot. Pat. 71 bis
celui d'y concourir; mois ce droil était violemment dénié par les moines de Christ-Church, dont les prieurs, en plus d'une occasion, protestèrent qu'ils perdraient plutôt la vie que d'acquiescer à la violation du plus glorieux de leurs privilèges. A la mort de chaque archevêque le conflit se renouvelait , et les deux partis avaient recours à tous les expédients que la politique pouvait suggérer. Le roi s alliait toujours avec les prélats; mais les moines défendaient leur terrain avec ardeur et persévérance. Pour vaincre leur obstination, menaces, promesses, flatteries, tout fut employé; afin de les affaiblir en les séparant , le lieu de l'élection fut souvent fixé à une distance où le droit ne pouvait être exercé que par quelques-uns au nom de tout le corps; et l'objet de leur choix, à moins que ce ne fût la personne recommandée par le roi et élue par les évèques, était invariablement refusé. Mais quoiqu'on définitive ils fussent forcés de céder, ils cédaient toujours de manière à ne pas reconnaître par leur acquiescement l'exercice du droit réclamé par les prélats Ces remarques préliminaires étaient indispensables pour que le lecteur pût bien comprendre la nature de la contestation suivante.
Dès que la mort de l'archevêque Hubert fut connue , les plus jeunes moines s'assemblèrent clandestinement la nuit et placèrent Réginald . leur sous -prieur, sur le trône archiépiscopal [13 juillet 1205]. lis savaient bien que cette élection rencontrerait une forte opposition. Ils n'avaient point demandé la licence royale et avaient procédé sans le concours du corps archiépiscopal. Leur seul espoir de succès dépendait de l'approbation du siège apostolique. En conséquence, Réginald fut envoyé à Rome ; mais le motif de son voyage fut soigneusement caché , et on lui fit prêter serment de ne point divulguer le secret qu'il n'eût sondé l'esprit du pontife. Mais la vanité du moine l'emporta sur sa prudence; et il ne fut pas plutôt hors du territoire anglais qu'il prit le titre d'archevêque élu. La plus sage partie de la communauté, prévoyant les difficultés dans lesquelles ils allaient être précipités par cet acte téméraire et irrégulier , résolut de regarder comme non avenu le choix qu'on avait fait de Réginald, et demanda la permission nécessaire pour procéder à une élection publique et légitime. Dès qu'elle arriva, ils choisirent, conformément à la recommandation royale, Jean de Gray, évèque de Norwich. Il fut intronisé en présence du roi, et reçut immédiatement de Jean l'in-
1. Voyez tes élections de Théobald (Gervase, 1348), de saint Thomas (id. 1382), de Richard (id. 14^3, 1425), de Baldwin {id. 1304, Ï3W, 1468-1474) et de Hubert (id. 1683, 1584).