‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 536 sur 643 · Paris, 194. Ann. Mata · texte numérisé non relu

Paris, 194. Ann. Mata

(lient, ce serait sceller l'acte de sa déposition. Mais ce qui fit l'impression la plus alarmante sur un esprit si faible et si superstitieux, ce fut la prédiction de Pierre-riirinite qui annonçait qu'avant que la féte de l'Ascension fût passée (il ne manquait que trois jours pour le terme fatal), Jean aurait cessé de régner. Après un long combat et une répugnance évidente, il souscrivit à un accommodement qu'il avait rejeté dans une précédente occasion. 11 y était stipulé que Langton serait admis à l'archevêché de Canterbury; que les exilés, tant clercs que laïques, rentreraient dans leurs terres et emplois ; que toutes les personnes emprisonnées par suite de la dernière querelle seraient mises en liberté; que toutes les proscriptions seraient annulées, et qu'on promettrait de ne plus prononcer de tels jugements contre les membres du clergé; qu'on ferait une entière restitution des sommes illégalement saisies, et réparation des torts arbitrairement commis, et qu'à ces conditions les sentences d'interdit et d'excommunication seraient révoquées, et que les évôques exilés jureraient, au bon plaisir du roi, d'être de fidèles et loyaux sujets. Quatre des plus puissants barons garantirent de leurs serments l'exécution de ces stipulations de la part de Jean i.

Ceci eut lieu le 13 mai. Jean, son conseil et le ministre du pape passèrent le jour suivant en délibération secrète et agitée. Le lendemain matin, dans l'église des Templiers , le roi, entouré des prélats, des barons et des chevaliers, mit dans les mains de Pandolfe une charte souscrite par lui-même, par un archevêque , un évéque, neuf comtes et trois barons. Cet instrument attestait que le roi, comme expiation de ses offenses envers Dieu et l'Église, avait résolu de s'humilier à l'imitation de celui qui, pour l'amour de nous, s'était humilié jusqu'à mourir; qu'en conséquence il avait, non par crainte ou par force, mais de sa libre volonté et du consentement unanime de ses barons, donné à Dieu, aux saints apôtres Pierre et Paul , au pape Innocent et aux successeurs légitimes d'Innocent, le royaume d'Angleterre et le royaume d'Irlande, pour les tenir en fief du pape et de l'Église romaine, moyennant une rente annuelle de mille marcs, sous la réserve, pour lui et ses héritiers, de l'administration de la justice et de tous les droits de la couronne». Il prêta alors, dans la manière usitée, serment de

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