‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 537 sur 643 · Paris, 197. Rym · texte numérisé non relu

Paris, 197. Rym

2. Paris, 199. Ann. Burt. 270. Rrgixl. aut. Inn. ITT, fol. 154. Il fut expressément stipulé qu'outre les mille marcs . le payement annuel du denier de saint Pierre serait continué. Il irontait à 199 1. 8 s., payés par les différents diocèses dans les proportions suivantes, que j'ai transcrites du Rprjixt. aut. Inn. TIT, dans la Bibliothèque du Vatican :

fidélité au pape , le même exactement que les vassaux prêtaient à leurs seigneurs. Il jura d'être fidèle à Dieu , au bienheureux Pierre, à l'Eglise romaine, au pape Innocent et aux successeurs légitimes d'Innocent ; de ne jamais aider leurs ennemis, en paroles, en action ou par consentement , à leur ôter la vie , un membre ou la liberté ; de suivre leurs conseils , et de ne jamais les révéler à leur préjudice , et de les aider de tout son pouvoir à conserver et défendre envers et contre tous le patrimoine de saint Pierre, et spécialement les deux royaumes d'Angleterre et d'Irlande1. Le lendemain , qui était la fête de l'Ascension, époque fixée par l'Ermite, fut pour le roi un jour d'anxiété et d'incertitude. Dès qu'il fut passé , il condamna Pierre et son fils comme faux prophètes ,

Canterbury. . 71. 18s. Lincoln. ... 421. Os. Hereford . . . 61. Os.

Rochester. . . 5 12 Chichester. . . 8 0 Bath Il 5

Londres. ... 16 10 Winchester. . 17 8 Salisbury. . . 7 0

Norwich. ... 21 10 Exeter 9 6 Coventry ... 10 6

Ely 5 0 Worcester. . . 10 5 York 11 10

Dans une lettre à son légat en Angleterre , Innocent se plaint de ce que le montant réel des sommes perçues par les évêques est d'environ mille marcs de plus. Probablement ils gardaient pour eux l'excédant de la somme originairement transmise à Rome du temps des Saxons. Rym. i, 182.

1. Ici je dois faire observer, 1° que , si nous en croyons Matthieu Paris, cette transaction, fort extraordinaire, fut le résultat d'une sentence judiciaire prononcée 4 Rome — « iuxta qnod Romœ ftierat sententiatum •» (p. 1981. Mais c'est lâ une des fables qui abondent dans les pages de cet écrivain. Aucune mention d'une telle sentence , aucune allusion à elle ne se trouve dans aucun autre historien , ni dans les instructions données à Pandolfe , ni dans la correspondance entre ce ministre et le pape, recueillie dans le Registre d'Innocent (Bibliothèque du Vatican}. Cette expression ne peut véritablement se rapporter qu'à l'acte que Jean avait signé le 13. 2° Paris représente aussi Pandolfe comme recevant au nom du pontife l'hommage de Jean , et foulant aux pieds , dans son orgueil , l'argent que le roi offrait comme une partie du tribut. Tout ceci paraît controuvé : que l'hommage le soit, on n'en peut douter. Dans le Registre d'Innocent , les mots de Jean sont, non pas qu'il fait, mais qu'il fera hommage, s'il lui arrive d'être en présence du pape, o Fidelitatem secundum subscriptam formam facimus et juramus , et homagium lige i) m in praîsentia D. pap», si coram eo esse poterimus, faciemus. >♦ La même version se trouve dans la copie imprimée dans la nouvelle édition de Rymcr, i, 111. Que ce soit la véritable , on n'en peut douter, si l'on se rappelle que c'est celle que Pandolfe envoya à Rome; mais, dans Paris, « fidelitatem » est omis, et le passage poursuit ainsi : « fecimus et juravimus homagium ligeum in prsesentia Pandulphi ; si coram Domino papa esse poterimus, eidem faciemus. 3° Dans le New Rymert nous avons un papier qui semble une lettre de nouvelles ; mais nous ne savons pas par qui elle fut écrite ou quel crédit elle peut mériter. Ce papier paraît favoriser l'opinion que Jean fit hommage, «fidelitatem fecit et homagium per juramentum, tactis sacrosanctis Evangeliis , et per cartam suam , quam jam Romœ transmisit per nuntios suosn \ p. 112). Mais, si nous réfléchissons que jamais l'hommage ne se faisait par serment , nous verrons que "juramentum n doit se rapporter à «fidelitatem fecit, » et ■' per certam « à « homagium. » L'assertion ne peut être vraie d'aucune autre manière. Ces deux actes sont publiés, sous des titres erronés, dans le • New Rymer. Le serment de fidélité est intitulé « forma homagii , » et la lettre de nouvelles « certificatio absolutionis , « quoique cette résolution n'ait eu lieu que quelques mois après que la lettre fut écrite. Quant au conte de Pandolfe foulant aux pieds l'argent dans son orgueil , je dois faire observer que , bien qu'il paraisse faire partie du texte dans les copies imprimées de Paris, il ne se trouve point dans Wendover, et n'est dans le manuscrit qu'une note marginale ajoutée par quelque inconnu , et par conséquent sans autorité.

et ordonna de les traîner à la queue d'un cheval et de les pendre à un gibet. Beaucoup de gens contestèrent la justice de la sentence, prétendant que le roi avait réalisé la prédiction en jurant fidélité au pape.

Cette transaction a chargé d'un opprobre éternel la mémoire de Jean. Tous les écrivains et tous les lecteurs se sont mis en frais de reproches contre la pusillanimité d'un prince qui put mettre la couronne d'Angleterre aux pieds .d'un prêtre étranger, et la recevoir ensuite de lui comme vassal et tributaire. Ce fut certainement un acte honteux ; mais il est des considérations qui atténuent sa faute, si elles ne l'excusent pas. Quoique les principes de la morale soient immuables, nos idées d'honneur et d'infamie varient avec l'état toujours changeant de la société. Pour juger nos ancêtres avec impartialité , nous ne devons pas mesurer leurs actions sur nos mœurs et nos opinions actuelles : il faut nous reporter au temps où ils vivaient, et faire entrer en ligne de compte leurs institutions politiques, leurs principes de législation et de gouvernement. 4° Or au xme siècle l'état de vasselage n'avait rien de bien dégradant; c'élait la condition de la plupart des princesse la chrétienté; le roi d'Ecosse même était vassal du roi d'Angleterre, et le roi d'Angleterre vassal du roi de France; l'un pour les terres, quelles qu'elles fussent, qu'il tenait de la couronne anglaise; l'autre pour ses possessions d'outre-mer; et on les vit fréquemment l'un et l'autre à genoux, en public, jurer fidélité et faire hommage à leurs supérieurs féodaux. Jean lui-même avait été présent quand Guillaume-le-Lion soumit la couronne d'Écosse à celle d'Angleterre ; et il n'y avait que neuf ans que Pierre, roi d'Aragon, était devenu volontairement vassal d'Innocent, et s'était engagé, lui et ses successeurs, à payer annuellement deux cent cinquante onces d'or au saint-siégê K De semblables précédents ne manquaient pas dans sa propre famille. Il savait que son père Henri, quelque puissant qu'il fût, était devenu feudataire du pape Alexandre III, et que son frère, Richard Cœur-de-Lion, avait résigné sa couronne à l'empereur d'Allemagne , et consenti à la tenir de lui moyennant le payement d'une rente annuelle. Jean suivit ces exemples dans sa détresse; et le résultat semble avoir recommandé sa conduite à l'imitation des patriotes écossais, qui, pour paralyser les prétentions de son petit-fils Edouard Ier, reconnurent le pape pour leur seigneur suzerain, et soutinrent que l'Écossc avait toujours été un fief de l'église de Rome s. Tout le blâme de cette transaction ne

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