CHAPITRE QUATORZIÈME
tion , et il ordonna à tous ses vassaux de le joindre à Portsmouth pour porter la guerre en France. Mais lorsqu'il leur commanda de s'embarquer, les barons refusèrent d'obéir, et insistèrent pour qu'il rappelât préalablement les exilés. Le roi fut forcé d'y acquiescer ; et, sur son invitation, Langton, les évèques de Londres, d'Ely, de Hereford, de Lincoln et de Bath, le prieur et les moines de Christchurch et leurs compagnons, revinrent. Ils se virent à Winchester [16 juillet}. Jean et le cardinal s'embrassèrent, et la sentence d'excommunication fut révoquée publiquement à l'entrée de la cathédrale [20 juill.]. Mais l'archevêque avait préalablement requis le roi de renouveler son serment de fidélité au pontife , et de jurer qu'il abolirait toutes les coutumes illégales, qu'il rendrait à chacun ses droits, et ferait revivre les lois du bon roi Édouard ; paroles d'un sens vague et incertain pour la multitude, mais suffisamment comprises du peu de gens qui avaient été initiés au secret K
Le roi alors se hâta de retourner à Portsmouth [4 août] , ordonna aux troupes de s'embarquer, et, par un vent favorable, fit voile pour la côte de France. 11 atteignit l'île de Jersey avec quelques vaisseaux ; mais il s'aperçut qu'aucun des barons ne l'avait suivi. Sous prétexte que le temps de leur service était expiré, ils s'étaient rendus à un conseil tenu à Saint-Albans, et présidé par Fitz- Peter, le justicier. Leurs résolutions furent publiées sous forme de proclamations royales , ordonnant que les lois octroyées par Henri Ier fussent universellement observées , et prononçant la peine capitale contre les sheriffs, forestiers ou officiers du roi qui dépasseraient la limite rigoureuse de leur devoir. Si l'on demande pourquoi les lois de Henri Ier furent substituées à celles d'Édouard, la réponse est aisée. Ces dernières ne pouvaient être recueillies que sur le témoignage douteux de la tradition; mais on supposait qu'elles avaient été incorporées dans la charte que Henri avait octroyée à son avènement 2.
Dans l'intervalle , Jean avait débarqué , ne respirant que vengeance contre les traîtres qui avaient abandonné leur souverain. 11 résolut de punir leur désobéissance par une exécution militaire, et ii s'était avancé jusqu'à Northampton lorsqu'il fut rejoint par le primat, qui lui rappela que les accusés avaient le droit d'être jugés par leurs pairs, a Dirigez votre église, repartit le roi, et laissez-moi gouverner l'État. » Il continua sa marche jusqu'à Nottingham, et à Nottingham Langton revint à la charie. Ce prélat renouvela sa première observation , affirma que les barons