‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 544 sur 643 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

Les deux partis avaient envoyé des messagers à Rome pour solliciter la protection de leur supérieur féodal. Mais ce fut en vain que les barons en appelèrent à la reconnaissance d'Innocent : il crut de son intérêt et de son devoir de soutenir la cause de son vassal. Dans une lettre à Langton, il s'éleva contre l'injustice de refuser à Jean les droits dont la couronne avait été en possession paisible sous les règnes de son père et de son frère ; il insinua que l'archevêque lui-même était accusé de fomenter ces troubles , et lui commanda d'employer toute son autorité à rétablir l'harmonie entre le roi et ses vassaux [49 mars]. Dans une autre lettre aux barons, il leur reprocha de chercher à extorquer par la violence ce qu'ils auraient du demander comme une faveur; et il leur promit, s'ils se conduisaient avec modération et humilité, d'interposer ses bons offices, et d'obtenir du roi tout ce qu'ils pouvaient raisonnablement attendre. Dans toutes les deux il annula de sa propre autorité toutes les confédérations formées depuis la pacification de Douvres , et défendit, sous peine d'excommunication , d'en former de pareilles à l'avenir *.

Dans la semaine de Pâques, les barons s'assembîèrent à Stamford [19 avril], et avec deux mille chevaliers, leurs écuyers et soldats, ils se rendirent à Brackley. Le roi était à Oxford, et il chargea l'archevêque de Canterbury, et les comtes de Pembroke et de Varenne, d'aller s'informer de leurs demandes [37 avril]. Ils lui rapportèrent un papier dont le contenu était le même que celui qu'on lui avait présenté auparavant ; et aussitôt qu'il en eut entendu la lecture, il s'écria : « Ils pourraient aussi bien demander ma couronne. Pensent-ils que je vais leur accorder des libertés qui feront de moi un esclave *? » Les commissaires furent renvoyés, avec ordre d'en appeler en premier lieu au pape , seigneur féodal d'Angleterre, et protecteur de tous ceux qui avaient pris la croix; puis d'offrir l'abolition des mauvaises coutumes qui avaient été introduites sous son règne et celui de son frère, et, si cette concession ne satisfaisait point, d'ajouter qu'il était disposé à suivre l'avis de sa cour relativement aux abus qui avaient pu avoir lieu du temps de son père Henri II Les barons reçurent ces propositions comme de pures défaites ; et ils répondirent qu'ils ne se relâcheraient en rien de leurs premières prétentions. Pandolfe et Simon , évèque d'Exeter, conseillers du roi, soutinrentque le primat était tenu d'excommunier les barons, par obéissance pour l'ordre du pontife ;

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