‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 545 sur 643 · Rym. I · texte numérisé non relu

Rym. I

2. C'était probablement le même instrument qui est imprimé dans les Legeg saxonic*, p. 366 , et dans les Statuts du royaume, i, 6.

mais Lançon répliqua qu'il connaissait mieux les intentions d'Innocent , et qu a moins que le roi ne licenciât les troupes étrangères qu'il avait introduites depuis peu dans le royaume, il croirait de son devoir de les excommunier et de s'opposer à elles de tout son pouvoir. Comme dernière ressource, Jean offrit de soumettre les points en litige à neuf personnes, dont quatre seraient choisie par les barons , quatre autres par lui-même , et dont le pape serait la neuvième , et de s'en rapporter à la décision de la totalité ou de la majorité de ces arbitres 1 [10 mai]. Cette proposition fut aussi rejetée; les barons se proclamèrent eux-mêmes l'armée de Dieu et de sa sainte Église, et choisirent Robert Fitz- Walter pour commandant. Ils investirent immédiatement Northampton. Quatorze jours furent consumés en efforts inutiles pour corrompre la lidélité de la garnison , qui était composée d'étrangers ; quant à emporter cette forteresse sans machines de guerre , c'était une tâche dangereuse et sans aucune chance. A Bedford, ils furent plus heureux. Le gouverneur leur ouvrit les portes , et au même instant ils reçurent une invitation de quelques-uns des principaux citoyens de la métropole. Ils se mirent aussitôt en marche, ne s'arrêtant point pendant la nuit, et atteignirent Londres dans la matinée [17 mai]. C'était un dimanche : les habitants étaient dans les églises , et les portes étaient ouvertes. Ils s'emparèrent sur-le-champ de la cité ; et les confédérés , enflés de leurs succès, expédièrent des lettres aux barons et aux chevaliers qui ne s'étaient point encore déclarés, pour leur exposer leur but, leurs ressources et leur détermination de traiter en ennemis tous ceux ui ne se joindraient pas à « l'armée de Dieu et de la sainte glise. » Cette menace eut l'effet attendu. Ceux qui n* furent pas convaincus par leurs arguments cédèrent à la crainte de leur ressentiment *.

La perte de sa capitale prouva au roi qu'il y allait de sa couronne. Pour la conserver, il s'était résigné à devenir vassal d'un étranger; pourquoi , dans le même but, ne consentirait-il pas aux demandes de ses barons? Ils pouvaient sans doute exiger des serments et des sûretés; mais, selon lui , les serments cessaient de lier quand on pouvait les violer impunément , et son cœur était endurci aux souffrances que la perfidie pouvait attirer sur ses amis. Il prit un air de satisfaction , informa les confédérés qu'il était prêt à leur accorder ce qu'ils réclamaient , et les requit de fixer un jour

1. Comparez Paris, 213, et New Rym. i, 128, avec ce que dit Jean dans sa lettre au pape. Rymer, 1, 200, 201.

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