Paris, 215-220. Rym. i
remèdes qu'ils imaginèrent à eet effet furent compris dans une charte grantée, pour employer le langage de nos anciens statuts, par le roi à ses vassaux et aux hommes libres du royaume.
1 . Le premier article concernait l'Église d'Angleterre, à laquelle Jean garantissait la possession entière et inviolable de toutes ses libertés; et, pour montrer son empressement à les maintenir, il faisait valoir la charte de libre élection qu'il avait signée avant le commencement de la rupture entre lui et les barons *. Il eût été plus satisfaisant que ces libertés fussent é nu m crées et décrites ; mais l'acte passe immédiatement au redressement des abus qui pesaient le plus lourdement sur les tenanciers de la couronne.
2. Sous les derniers règnes, le roi avait été dans l'habitude d'exiger des sommes arbitraires sous le nom de reliefs, d'affermer les terres de ses pupilles au plus offrant 2, d'exercer le droit de marier les héritiers pendant leur minorité 3, les héritières à tout âge au-dessus de quatorze ans *, et les veuves , si elles tenaient des terres de la couronne, à qui et quand il lui plaisait5. Pour remédier à ces abus, il fut stipulé que les anciens reliefs seraient rétablis à raison de cent livres pour le fief d'un comte , de cent marcs pour le fief d'un baron, et de cent shillings pour le fief d'un chevalier ; que le tuteur ne recevrait que des services raisonnables des terres de son pupille pendant la minorité; qu'il entretiendrait les maisons et les bâtiments , et ne commettrait aucun dégât dans les meubles ou les esclaves ; que les héritiers et héritières ne seraient
2. Ainsi Thomas de Colleville donna 100 marcs pour la garde des terres et enfants de Roger Torpel ; Odon de Dammartin , 500 marcs pour la tutelle du fils de Hugues , sommelier du roi. Madox, c. X.
3. Ceci, quoique Blackstone Tait nié (in.5), est prouvé par d'innombrables exemples. Henri III , parlant de ses pupilles, les fils des comtes de Lincoln et de Warwick , dit : u Maritagium eorum ad regem pertinet» (Rym.i, 4411. Thomas Basset acheta du roi Jean la tutelle d'un héritier, avec le droit de le marier à une de ses filles ( Rot. Claus. 35). Egalement Réginald de Pontibus acheta du même prince le mariage d'un héritier pour sa fille |ibid. 163). Aussi les pupilles avaient coutume d'acheter le droit d'épouser qui ils voulaient. Dans un ancien document, le grand Pipe Roll de la 31e année du règne de Henri Ier, nous trouvons Gilbert Maisnill payant au roi 10 marcs , et Walter Cancey payant 15 livres » ut ducat uxorem ad velle suum • [Mag. Rot. Pip. 8, 26).
4. Il y a de nombreux arUcles dans les Close Rolls où le roi donne ou vend la « saisine » de la pupille et de ses terres.
5. Nous rencontrons à ce sujet bien des contrats entre des femmes non mariées et la couronne. Wiveron, veuve d'Euerwarc , donne à Henri Ier 4 livres d'argent et 1 marc d'or, •« ne capiat virum nisi quem voluerit» | Mag. Rot. Pip. 96). William Fitzhermer lui paya 11 1. 13 s. 4 d., »« ut materj sua ducat virum ad electum suum i ( ibid. 92). Lucy, veuve de Ranulph, troisième comte de Chestrr depuis la conquête , donne 500 marcs pour ne pas être forcée de se marier d'ici à cinq années (ibid. 110) ; Alice, comtesse de Warwick , donne caution au roi Jean qu'elle ne se mariera ni n'entrera dans un couvent d'ici à un an \Rot. Pat. Johan. 63.; puis elle lui paye 1000 1. pour pouvoir rester veuve tant qu'il lui plaira. New Rym. i, 91.