CHAPITRE DEUXIEME
cert contre l'ennemi commun. La principale résistance faite aux Saxons parait être venue des habitants mémos des lieux où ils débarquèrent successivement ; et les autres tribus avaient si peu le sentiment du danger qui les menaçait, ou étaient si indifférentes au sort de leurs compatriotes plus éloignés, qu'en même temps que les barbares fondaient des royaumes au sud-ouest de l'île, une armée de douze mille Bretons sous le commandement de Riothamus faisait voile de la côte du Cornwall à l'embouchure de la Loire, et, remontant cette rivière, combattait les Visigoths dans le voisinage de Bourges 1 .
Nous ne possédons qu'une liste incomplète des chefs qui signalèrent leur valeur contre les Saxons. 4° Le premier est Àurelius Ambrosius, qu'on représente comme Romain d'origine; issu de parents qui avaient porté la pourpre, brave, fidèle et modeste guerrier. Il paraît avoir combattu Hengist, et avoir péri dans une querelle particulière avec Guitolin*. 2° La renommée de Natanleod a été conservée par la Chronique saxonne. Il était l'adversaire de Cerdic, et, tombé sur le champ de bataille, il laissa son nom à un district considérable du Hampshire*. 3° Le territoire d'Urien, et le théâtre de ses prouesses, était au nord. Ida et ses Angles rencontrèrent dans Urien un formidable antagoniste; mais le Breton, après une lutte longue et parfois heureuse, fut privé de la vie par la jalousie d'un chef confédéré nommé Morcant \ 4° La renommée d'Arthur a éclipsé celle de tous ses contemporains. Mais si nous dépouillons sa mémoire de cette gloire fabuleuse dont l'a entourée l'imagination des bardes et des ménestrels, il tombera dans la même obscurité que ses compagnons. Nous ne savons ni à quelle époque il a vécu , ni sur quel canton il a régné. Il a, dit-on, livré et gagné douze batailles. Dans la plupart, d'après le nom des lieux, il parait avoir combattu les Angles dans leLincolshire, d'après le dernier, à Mont-Badon, contre les Saxons , commandes par Cerdic ou par Cynric5. Cette victoire, qu'elle ait ou non été remportée sous Arthur, fut éclatante et utile, et pendant quarante ans elle arrêta la marche des étrangers 6. Peutêtre, quand nous aurons dit au lecteur qu'Arthur était un chef breton, qu'il livra mainte bataille, qu'il fut assassiné par son ne-