Gild. c
veu et enterré à Glastonburjveù ses restes furent découverts sous le règne de Henri II , nous lui aurons appris tout ce que de nos jours on sait de positif sur ce guerrier célèbre *.
Les conquêtes des Saxons replongèrent l'île dans l'état de barbarie d'où les Romains l'avaient tirée. Les vainqueurs étaient depuis long-temps habitués au pillage et au meurtre. En mainte occasion, les villes et les villages avaient été enveloppés dans la même ruine que leurs habitants. Un immense incendie, dit Gildas, fut allumé par les barbares sur la côte orientale, et dévora successivement toute la surface de l'île*. Pour échapper au glaive exterminateur de leurs ennemis , les indigènes , dès qu'ils jugeaient la résistance inutile, s'enfuyaient avec leurs effets les plus précieux dans les forêts et sur les hauteurs. Des multitudes de fugitifs trouvèrent un sûr asile dans les montagnes qui couvrent l'ouest de l'île; et là, aux prises avec la pauvreté et engagés dans des combats continuels, ils perdirent rapidement le faible poli de la civilisation des provinces, et retombèrent dans plusieurs des habitudes de la vie sauvage. D'autres, sous la conduite de leurs prélats et de leurs chefs, abandonnèrent tout à fait leur patrie. Ayant traversé l'Océan, ils se saisirent des terres désolées de l'extrémité occidentale de l'Armorique, détruisirent l'indépendance des villes voisines, et donnèrent à toute la contrée qu'ils avaient subjuguée le nom de leur mère-patrie. Elle est encore connue sous le nom de Bretagne s.
Mais l'œuvre de la dévastation fut arrêtée par des vues d'intérêt personnel. Les conquérants eurent besoin pour leur usage des habitations des Bretons, et le travail des captifs fut jugé nécessaire à la culture du sol. De là vint que les Saxons, à mesure qu'ils étendirent leurs conquêtes, laissèrent subsister les édifices, et épargnèrent la vie des Bretons qui tombaient entre leurs mains, à moins que la soif de la vengeance n'eût été excitée par l'opiniâtreté de la résistance. Les captifs étaient partagés, en même temps que la terre, entre les conquérants; ils devenaient la propriété mobilière de leur seigneur, soumis à son caprice et transférables à sa volonté. Le même sort attendait leurs descendants pendant bien des générations; et il appert du témoignage authentique du