‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 57 sur 643 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Doomsday i que jusqu'au xie siècle une grande partie de la population resta dans un état d'esclavage*.

Les conquérants avaient fondé dans Pile huit royaumes indépendants, quoique la réunion fréquente de la Bernicie et du Deire sous le même chef n'en ait fait généralement compter que sept. L'histoire de leurs différentes dynasties, fussent-elles présentées parallèlement ou l'une après l'autre, embarrasserait et fatiguerait à la fois l'écrivain et le lecteur. On peut se faire une idée suffisamment exacte de l'époque antérieure à la prépondérance des rois saxons de l'ouest, en réservant son attention pour les règnes des plus puissants monarques. Car, dans le nombre, il y en avait fréquemment un dont l'autorité était reconnue par tous ou presque tous ses contemporains. On le désignait sous le titre de bretwalda, wielder ou souverain de la Bretagne. Le devait-il à l'influence de son pouvoir , ou le tenait-il du suffrage spontané de ses égaux? la question n'est pas résolue, et nous ne savons pas davantage s'il y avait des devoirs ou des prérogatives attachées à sa dignité. Ce titre est donné par Bède à sept des princes saxons ; d'autres historiens en ajoutent un huitième. On peut sans inconvénients rapporter à leurs règnes les principaux événements arrivés dans les royaumes qui n'étaient point soumis a leur contrôle immédiat 5.

MLh\ , PREMIER BRETWALDA.

La descente d'iElla sur la côte méridionale et le succès qu'elle eut ont déjà été mentionnés. Il est difficile de conjecturer par quel moyen il acquit la préséance sur les chefs confédérés. Le royaume de Sussex, qu'il fonda (477), était la plus petite et la moins puissante de toutes les nouvelles principautés. Cette distinction lui fut peut-être accordée en raison de quelque prééminence dont il jouissait dans son pays natal, ou de quelque exploit dont la mé-

1. Le grand cadastre ou grand terrier de l'Angleterre , dressé par ordre de Guillaume-le-Conquérant. ( Noie du traducteur. )

2. Mais , après que ces aventuriers eurent formé des établissements permanents , ils abandonnèrent peu à peu leur ancienne politique d'extermination , et permirent aux indigènes de conserver leurs institutions nationales et leurs princes, comme Etats subordonnés et tributaires. Bède donne un exemple de ces deux faits en la personne d'Edilfrid de Northumbrie, vers l'an 600 , u qui terras eorum, subjugatis aut exterminait* indigenis, aut tributarias genti Anglorum aut habitabilet fecit. » Bed. 74.

3. Voyez Bède , h, 5, et la Chronique saxonne, p. 171. De ces fortes expressions de Bède on pourrait induire, sans témérité, que les rois inférieurs se reconnaissaient les vassaux du Bretwalda,

moire a péri. C'est à peine si nos anciens chroniqueurs parlent de lui ».

CEAWLIN, DEUXIEME BBETWALDA.

Ethelbert , quatrième roi de Kent , fut le premier qui troubla * l'harmonie qui avait uni les princes saxons. [A. D. 568.] Dès l'âge de seize ans, on l'entretenait dans l'idée que la dignité de bretwalda lui appartenait comme représentant d'Hengist*. Sous cette impression, il conduisit une armée contre Ceawlin, roi de Wessex et petit-fils de Cerdic. Sa témérité fut sévèrement punie à Wimbledon. Oslac et Cnebba , ses deux ealdormcn , périrent dans la mêlée, et Ethelbert lui-même eut peine à échapper à la poursuite de l'ennemi. Ceawlin, satisfait d'avoir humilié le roi de Kent , tourna ses armes contre les Bretons. [A. D. 574.] La bataille de Bedford, qui fut livrée sous le commandement de son frère Cuthwin, ajouta à ses domaines les villes de Leighton, Ailesbury, Bensington et Eynsham; et six ans plus tard, la victoire de Durham, dans le Gloucestershirc, fut signalée par la mort de trois rois bretons , Conmail , Condidan et Farinmail , et fut suivie de la reddition des importantes cités de Gloucestcr, Circncester et Bath. Quand Ceawlin eut affermi ses nouvelles conquêtes, il reprit ses opérations offensives contre les Bretons. A Frithern, sur la rive gauche de la Scvern, il perdit son fils Cutha ; mais la victoire se déclara pour les Saxons, les villes voisines furent pillées, et l'armée rentra dans ses foyers chargée de butin. Peu d'années après , à la mort de Cissa, fils d'Ella, Ceawlin ajouta le Sussex à ses autres États. Mais la fortune l'abandonna au faite de sa puissance. |A. D. 594 . | A Woodensburg , dans le Wiltshire , il fut défait par ses sujets rebelles, et Ceolric, son neveu, monta sur le trône. Ceawlin mourut en 593 5.

ETHELBERT, TROISIÈME BBETWALDA.

La honte qui avait terni les premières années d'Ethelbert, roi de Kent, fut plus tard effacée par la gloire d'un règne long et prospère. [A. D. 589.] A la mort de Ceawlin il avait obtenu (par quels moyens, on l'ignore), la dignité de brctwalda, et son autorité était reconnue par tous les princes saxons au midi du Humber.

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