‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 567 sur 643 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

et qu'ils avaient été poussés par des motifs qu'ils étaient honteux d'avouer K Par ces moyens, une révolution s'opéra graduellement dans l'esprit public en faveur de Henri ; et les espérances des royalistes furent ranimées par le retour du comte de Salisbury et de plusieurs chevaliers qui vinrent jurer fidélité à leur souverain national. William d'Albiney lui-même, dès qu'il eut recouvré sa liberté en payant six mille marcs, déploya l'étendard royal *.

Louis avait enfin levé le siège de Douvres, et, pour se dédommager d'avoir percfu son temps au pied de cette forteresse, il avait pris les deux châteaux de Hertford et de Berkhamstead [6 déc.]. Pembroke lui en remit deux autres pour prix d'une trêve jusqu'aux fêtes de Pâques : suspension d'hostilités également utile aux deux partis [20 déc]. Le prince français employa cet intervalle à retourner sur le continent et à rassembler un corps nombreux d'auxiliaires : le maréchal profita de son absence pour détacher de sa cause plus de confédérés. A l'expiration de l'armistice, les hostilités recommencèrent par le siège de Montsorel, que firent les royalistes. Pour secourir cette forteresse, l'armée confédérée, au nombre de six cents chevaliers et de vingt mille hommes, partit de Londres sous le commandement du comte de Perche [30 avril 1217]. Sa marche fut signalée par tous les genres d'excès, surtout de la part de l'infanterie étrangère, qui, nue et pauvre, se vêtit et s'enrichit aux dépens des indigènes. Les royalistes n'attendirent pas leur approche; et les confédérés, au lieu de poursuivre les fugitifs, entrèrent à Lincoln aux acclamations des habitants, et assiégèrent le château, qui fut vaillamment défendu par une héroïne célèbre, Nicole de Camville. Pembroke aussitôt convoqua les tenanciers de la couronne à Newark, et se vit bientôt à la tête de quatre cents chevaliers avec leurs écuyers, de deux cent cinquante arbalétriers et d'un corps nombreux d'infanterie [14 mai]. Trois jours furent employés à mettre l'armée en ordre et à accomplir les devoirs de la religion, car le légat avait donné un caractère religieux à l'expédition. 11 exhorta les soldats à combattre pour leur Dieu, leur roi et leur pays; excommunia tous leurs adversaires, et admit les combattants aux privilèges habituellement accordés aux croisés. Ils partirent de Newark en sept divisions, avec des croix blanches sur la poitrine ; les arbalétriers se tenaient un mille en avant, et le bagage un mille en arrière. [18 mai] Cette disposition trompa les confédérés, qui, prenant le bagage pour une seconde armée, s'enfermèrent inconsidérément dans les murs, et, en même temps,

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