‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 573 sur 643 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

resta fille, mais on insinua que Henri avait l'intention de l'asseoir à son côté sur le trône. Pandolfe retourna immédiatement à Rome.

Durant la lutte de Jean et de ses barons, ce prince avait prodigué les terres de la couronne à ses partisans, tant étrangers qu'indigènes ; et ceux qui avaient le commandement des châteaux royaux à sa mort, refusèrent obstinément de les remettre au gouvernement : alléguant qu'ils les gardaient en dépôt pour le roi pendant sa minorité [4 222]. Arracher ces forteresses des mains des puissants vassaux qui les tenaient était une entreprise importante mais difficile. Honorius avait donné pour instruction à Pandolfe d'exiger qu'aucun individu ne conservât à la fois la garde de plus de deux châteaux royaux [27 juin 1220] ; il ordonna alors à l'évèque et au justicier de demander à ceux qui les tenaient toutes les aubaines et tutelles [23 avril 4222]; et enfin il déclara solennellement, à la requête et avec l'assentiment du grand conseil, que Henri était d'âge à avoir la libre disposition de ses terres, châteaux et forts, quoiqu'il ne fût pas d'âge à plaider ou à être appelé devant les cours de justice. Hubert réclama au nom du roi la remise des forts et châteaux; et, en réponse , les comtes de Chester et d'Albemarle firent une tentative infructueuse pour surprendre la ville de Londres Leur conduite fut condamnée par Hubert et excusée par des Roches. Les barons mécontents résolurent de célébrer Noël à Northampton ; mais Henri se rendit dans cette ville [25 déc. 4223] avec l'archevêque et les évêques, et une suite si nombreuse de comtes et de chevaliers que ses adversaires furent intimidés, sollicitèrent son pardon et abandonnèrent toutes leurs prétentions !.

Il survint un autre événement qui affermit l'autorité de Hubert, et "décida son rival à se bannir de l'île, sous prétexte de faire un pèlerinage à la Terre-Sainte [1224]. Parmi les étrangers enrichis par Jean était un brigand féroce et sanguinaire, nommé Fawkes, qui tenait le château de Bedford par donation de ce monarque. Aux assises de Dunstaple il avait été condamné pour plusieurs méfaits à une amende de trois mille livres; mais au lieu de se soumettre à cette sentence, il tendit des embûches aux juges à leur départ, et, s'emparant de l'un d'eux, Henri de Baibrock, il l'en-* ferma dans le cachot du château [5 juin]. Hubert saisit avec empressement cette occasion de tirer vengeance d'un partisan dû 1 evêque de Winchester. D'après son conseil , le roi investit drt personne la forteresse de cet audacieux rebelle ; et les ecclésia-

1. Dunst. 136-138. Rym. ï, 240, 'Jb4, 263. La raison donnée au pape ourle conseil était que m la prudence et la discrétion de Henri étaient de nature à suppléer uu défaut d'âge, n Paris, Addit. n° 1.

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stiques lui accordèrent spontanément une aide levée sur euxmômes et sur leurs libres tenanciers [16 juin]. On éleva deux tours de bois à une hauteur suffisante pour donner aux archers la vue complète de l'intérieur du château; sept machines de guerre lançaient contre les murailles de grosses pierres du matin au soir, et une autre, nommée chat, couvrait les sapeurs occupés à miner les fondations. Fawkes, qui s'était retiré dans le comté de Chester, s'était persuadé que la garnison serait en état de défendre le château pendant un an. Mais le barbican fut d'abord pris d'assaut; bientôt après, le mur extérieur fut forcé; et le bétail, les chevaux et le fourrage qui étaient dans le fort adjacent, tombèrent aux mains des vainqueurs ; alors les mineurs firent une brèche au second mur, et les royalistes, quoique avec une perte considérable, prirent possession du fort intérieur : quelques jours après, les sapeurs mirent le feu aux étais qu'ils avaient placés sous les fondations du keep; un des angles s'écroula, et une large ouverture laissa à découvert l'intérieur de la forteresse. La garnison désespéra alors du succès [43 août]. Elle planta l'étendard royal sur la tour, et envoya les femmes implorer la merci du roi. Mais Hubert résolut de prévenir le renouvellement de semblables excès par la sévérité du châtiment. Les chevaliers et autres, au nombre de quatre-vingts, furent pendus; les archers furent envoyés en Palestine combattre contre les Turcs; et Fawkes, qui se rendit dans Coventry, fut banni de l'île avec sa femme et sa famille. Henri ordonna que le château fût rasé, et donna le terrain au lord Beaumont

Les conséquences des imprudentes concessions faites par les deux derniers monarques commençaient à se dévoiler. Sous prétexte de résister à une invasion dont le menaçait le roi de France, Henri assembla un grand conseil, et demanda une aide avec instance. La demande fut d'abord refusée; mais les besoins de la couronne n'admettaient aucun délai , et, après quelques négociations, il fut stipulé qu'on accorderait un quinzième de tous les biens meubles; mais à condition que les deux chartes seraient solennellement ratifiées [4225] *. Elles avaient déjà été confirmées deux fois depuis le commencement de son règne; mais les officiers

1. Paris, 270. Dunst. 142-145. Neiv Rym. 175. Rot. Claus. 632. Annal. Wxgorn. 486. Je me suis étendu sur les détails de ce siège , afin d'expliquer la manière dont se conduisaient ces opérations.

2. Brady, il ; App. n° 150. L'argent devait être placé dans le trésor, et on n'en devait rien prendre jusqu'à la majorité du roi , à moins que ce ne fût pour la défense du royaume , et en présence de six évêques et de six comtes. Le quinzième s'éleva à 59,000 1. Paris, Addil. n° 1. L'ancien mode de mettre ces impôts sera expliqué plus tard.

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