‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 574 sur 643 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

du roi n'en avaient pas tenu compte, et avaient refusé d'en exécuter les dispositions *. Cette fois, néanmoins, il ne fut plus nécessaire que les barons prissent les armes; la pauvreté avait triomphé de la répugnance du roi et de ses ministres; et les deux chartes furent solennellement ratifiées dans la forme qu'elles ont toujours conservée depuis [41 févr.] *.

Le départ de l'évèque de Winchester pour la Terre-Sainte avait laissé Hubert sans compétiteur; et quoique le pape eût averti le roi de ne prendre parti pour aucun des deux, mais de prononcer entre eux en père et en souverain, Henri laissa volontiers toute l'autorité à son favori. Hubert régna plusieurs années sans contrôle; les autres étaient appauvris par l'abandon forcé des profits qu'ils avaient faits pendant la minorité; quant à lui, il s'enrichissait annuellement par de nouvelles concessions de terres, aubaines et tutelles; mais tandis qu'il tâchait ainsi de consolider son pouvoir, il fournissait à ses ennemis des armes dangereuses par des preuves réitérées de sapacité et d'ambition. Une expédition malheureuse en France, dans laquelle il accompagnait le roi, porta le premier coup à son pouvoir; elle fut suivie du sinistre retour de Pierre des Roches, que Henri reçut avec les témoignages de la plus vive affection *. On prédit alors avec confiance la chute du favori : toutes les bouches l'accusèrent hautement d'avarice et de despotisme; et lorsque, à l'occasion d une incursion des Gallois, Henri se plaignit de manquer d'argent, on lui dit qu'il en pourrait aisément prendre à Hubert et à ses parents, qui depuis des années accumulaient des richesses aux dépens de la couronne. L'avis fut adopté, les officiers inférieurs du gouvernement furent appelés à rendre compte; Hubert reçut l'ordre de justifier de toutes les tutelles qu'il avait eues, de toutes les rentes des do-

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