‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 576 sur 643 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

consentiront, fut enfin rendue : tous les biens meubles du comte et les terres qu'il tenait en chef du roi furent confisqués au profit de la couronne, et il garda pour lui et ses héritiers son héritage patrimonial et les terres qu'il tenait de seigneurs de fiefs servants. Quatre comtes se chargèrent de le tenir sous bonne garde dans le château de Devizes, jusqu'à ce qu'il entrât dans l'ordre des Templiers en cas de mort de sa femme, ou qu'il en fût dispensé par ordre du roi et du grand conseil , et Henri donna sa parole de ne lui accorder aucune faveur nouvelle, et de ne lui infliger aucun nouveau châtiment *. Mais, l'année suivante, des dissensions s'élevèrent entre le roi et les barons, et la garde du château fut donnée à un serviteur de l'évèque de Winchester [1233]. Hubert, qui craignait de tomber au pouvoir de son ennemi, se laissa glisser du haut de la muraille dans le fossé à la faveur de la nuit, et gagna une église voisine [12 oct.]. Là, il fut cerné par le sherifF et ses olficiers; mais, peu de jours après [45 oct.], un détachement de cavalerie mit ses gardes en déroute, et le conduisit au comte de Pembroke dans le pays de Galles [30 oct.]. Quand la paix fut rétablie entre le roi et les barons, à la requête du pape Grégoire IX, et par les bons offices d'Edmond, le nouvel archevêque de Canterbury, Hubert, fut compris dans la pacification, admis de nouveau au conseil et réintégré dans ses biens et honneurs [28 avr. 1234] ».

Le règne de Henri dura plus d'un demi-siècle. Jusqu'à la chute de Hubert, il fut ou mineur ou sous le contrôle de ce ministre; ensuite il fut son propre maître, il eut le choix de ses ministres et devint responsable des mesures du gouvernement. Mais les faits qui remplissent les quarante années suivantes sont si nombreux et souvent si dépourvus de liaison, que si on les rapportait par ordre de dates, un récit si embrouillé et si décousu ne servirait qu'à fatiguer l'attention du lecteur. Il sera donc plus convenable, et en même temps plus intéressant, de classer les événements les plus importants en trois catégories distinctes : les guerres du roi avec les puissances étrangères, ses négociations avec le pape, et ses querelles avec ses barons.

I. 1 . Pendant tout le règne de Henri, l'harmonie qui régnait entre l'Angleterre et l'Écosse ne fut jamais interrompue par des hostilités de fait; mais il s'éleva plusieurs sujets d'altercation

1. Dunst. 208, 209, 221. Paris , 319-322. Les erreurs de ce dernier écrivain doivent être corrigées par les archives. Pat. 17. Henri III, m. 9, apud Brady, u, App. n» 152 , et New Rym. i, 207.

2. Paris. 327, 328, 340, 341. Dunstap. 221. Brady, il, App. n° 154. Cependant , cinq ans plus tard , Hubert Tut en butte à une nouvelle attaque, dont il se tira en faisant présent de quatre châteaux à Henri. Par. 403.

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