CIO
qui sont dignes de remarque, parce qu'ils prouvent que les prétentions à la suprématie, réalisées plus tard par Édouard, furent aussi vivement soutenues par son père. Le lecteur a déjà vu qu'Alexandre second du nom, quoiqu'il eût fait hommage au roi Jean , s'empressa de prêter assistance aux barons mécontents. Quand Louis retourna en France, le roi d'Écosse fut obligé de se soumettre. Il fit hommage à Henri [25 juin 1221], et quelques années après, il épousa Jeanne, la sœur du jeune roi, union qui rendit les deux princes plus disposés à ajuster leurs mutuels différends sans recourir à l'épée. Lorsque Henri devint son propre maître, Alexandre demanda la restitution des trois comtés du nord comme son héritage incontestable, et le remboursement de quinze mille marcs reçus de Guillaume par Jean, et qui, prétendait-on, n'avaient pas été imposés comme amende, mais donnés en dot aux deux princesses écossaises, qui avaient du être mariées à Henri lui-même et à son frère Richard1. Le roi d'Angleterre non-seulement résista à ces demandes, mais soutint que l'hommage qu'Alexandre avait déjà fait, tant à lui qu'à son père, était Phommagelige de la couronne d'Écosse; et il obtint [1234] que le pape Grégoire IX exhorterait par écrit le roi d'Écosse à remplir les stipulations solennelles qu'il avait faites *. Après une longue négociation, un compromis fut accepté de part et d'autre, sous les auspices du cardinal Otto [sept. 1237]. Le roi d'Écosse renonça à ses réclamations, reçut, en dédommagement, des concessions de terres, à Pcurith et à Sowerby, d'une valeur annuelle de deux cents livres; rendit hommage pour sa nouvelle acquisition, et, par un acte en forme, se soumit, lui et ses héritiers, si lui ou eux rompaient leurs engagements, aux censures spirituelles du pape, ou de son délégué l'archevêque de Canterbury 3. La question relative à la nature
1. Lorsqu'on objecta cette interprétation du traité à Hubert, qui avait épousé la sœur aînée , il répondit qu'il n'avait pas connaissance de conditions pareilles. Les princesses avaient été remises à Jean pour les marier à qui il voudrait, avec l'avis de ses barons | Paris, Addit. n° 11. Que Hubert eût raison , la preuve en est dans la convention de 1220 entre Henri et Alexandre, dans laquelle le roi d'Ecosse promet d'épouser une sœur de Henri dans le délai de quatre mois ; et le roi d'Angleterre , de rendre les deux sœurs d'Alexandre dans celui d'un an . à moins qu'il ne leur trouve des maris en Angleterre, « ad bonorem nostrum et ipsius régis Scotiœ. n Selon le New Rymer \ 193), la femme d'Alexandre était Marguerite, fille de Henri, et non Jeanne, sa sœur. Mais l'acte publié là fut exécuté, non pas par Alexandre II, en 1229, mais par Alexandre III, plus de trente ans après.
2. Rym. i, 334, 335. Les écrivains disent que Tbommage fut fait pour des terres en Angleterre (Mail. 195. Ford, tx, 311. Cependant il y a des raisons de croire qu'Alexandre, à cette époque, ne tenait point de terres en Angleterre. Voyez Rym. u,266.
3. On a prétendu que par ce compromis la question de l'hommage pour la couronne d'Ecosse fut résolue contre le roi d'Angleterre ; mais l'acte lui-même réfute pleinement cette supposition. Son objet avoué est de mettre fin aux réclamations . non de Henri contre Alexandre, mais d'Alexandre contre Henri. Il spéciflo toutes.