CHAPITRE QUINZIÈME
de son ancien hommage resta indécise pour le moment, mais fut reprise à la mort de Jeanne. Alexandre prétendit qu'il ne tenait ni ne voudrait tenir une parcelle de l'Éeosse sous la couronne d'Angleterre; et Henri, pour soutenir ses prétentions, assembla une nombreuse armée à Ncwcaslle. Le roi d'Écosse jugea prudent de négocier, et consentit à un arrangement par lequel, tout en éludant la reconnaissance expresse de la dépendance féodale, il parait avoir concédé à Henri la substance de sa demande [13 août 1244]. Il promit et jura qu'il garderait toujours bonne foi et amour à son cher seigneur-lige Henri, roi d'Angleterre, et qu'il ne contracterait jamais alliance avec les ennemis de Henri ou de ses héritiers, à moins qu'il ne fût d'abord injustement lésé par eux ; et ses évèques, comtes et barons jurèrent que ni eux ni leurs héritiers n'aideraient jamais Alexandre ou ses successeurs à violer cette promesse, mais feraient tout ce qui serait en leur pouvoir pour les décider à la garder «.
Alexandre eut pour successeur son fils, qui portait le même nom et était âgé de neuf ans [8 juill. 1249]. Henri, en vertu de sa suprématie, sollicita une bulle qui défendit à toutévèque de couronner le jeune prince sans permission préalable de son seigneurlige; mais Innocent IV la refusa, sous prétexte que le siège apostolique n'était pas accoutumé à accorder de telles prohibitions1. Bientôt après [26 déc. 1251], Alexandre, en conséquence d'un traité conclu antérieurement par son père, vint à York pour épouser Marguerite, (ille de Henri5, et fit hommage au roi « pour le Lothian et les autres terres qu'il tenait de la couronne d'Angleterre ». Mais quand il fut sommé de faire aussi hommage pour son royaume, hommage, dit l'historien, qui avait été fait par ses prédécesseurs4, on lui conseilla de répondre qu'il venait
ces réclamations , et énumère tous les détails des compromis. Nulle part il ne fait même allusion aux prétentions de suzeraineté de Henri sur la couronne d'Ecosse; mais il emhrasse et éteint toutes les réclamations contre lui : u quas idem rcx Scotiie moverat , vel moverc poterat. n Rym. 1, 375. Placit. Pari. 352. Edv. 1.