CHAPITRE QUINZIÈME
liste d'offenses commises par ses adversaires, et soutenait que sa conduite avait eu pour règle le respect dù au principe des représailles. Henri mena souvent son année dans le pays de Galles, et chaque fois il fut forcé de se retirer battu et mécontent. Llewellyn, quoique plus faible, tint, à l'aide de ses montagnes et de ses marais, son antagoniste en échec ; et si le roi d'Angleterre s'occupait à élever une forteresse pour arrêter les excursions des indigènes, ils étaient déjà sur ses derrières, démolissant plusieurs châteaux pour un qu'il avait érigé. Mais quand Llewellyn mourut, David, son fils et son successeur, emprisonna Griffith, un de ses frères illégitimes. La femme du captif en appela à Henri, qui avait déjà cité David devant lui ; mais le prince gallois apaisa son oncle, et lui remit Griffith [45 août 4 241]. Trois années après, le prisonnier fut tué dans une tentative qu'il fit pour s'échapper de la Tour de Londres1. Sa mort délivra le prince d'Aberthraw des projets dangereux d'un rival [Ier mars 4244] ; et, pour se délivrer de la suzeraineté du roi d'Angleterre, il chercha à intéresser le pape en sa faveur, en lui offrant de tenir sa principauté de l'Église romaine. [4245] Innocent refusa l'offre», et Henri se hâta de châtier la déloyauté de son neveu. Ce roi fortifia un château sur les bords du Conway, ordonna à une flotte d'Irlande de ravager l'île d'Anglesea, et prohiba, sous les peines les plus sévères, l'introduction de provisions ou marchandises des marches sur le territoire de ses ennemis. Les indigènes, confinés dans les montagnes de Merioneth et de Carnarvon, furent réduits à la dernière extrémité par le manque de provisions et par la rigueur de l'hiver; mais, à la mort de David [4246], ils élurent pour chefs Llewellyn et David, les deux fils de Griffith, qui sollicitèrent la clémence du roi d'Angleterre, devinrent ses vassaux, et s'obligèrent à le servir dans ses guerres, avec cinq cents de leurs sujets *.
1. Voyez les actes dans Brady, il, App. n° 163-171. New Rym. 256.
2. Wikes, 45. Walsing. Upod. Neust. 466. Si nous n'avioas pas d'autre autorité que Paris, nous croirions que l'offre fut acceptée, et qu'Innocent IV, pour obtenir le payement annuel de 500 marcs , accepta le vassal reconnu de la couronne d'Angleterre comme vassal du saint-siége (Par. 550, 552). Le chiffre de cette somme est suffisant pour jeter du discrédit sur cette histoire ; et la vérité est aisée a reconnaître dans les lettres originales, qui existent encore. David écrivit au pape que, dans son enfance, il avait été placé par ses parents sous la tutelle particulière de l'Eglise de Rome; mais que son oncle, par violence et menaces, l avait forcé de jurer fidélité au trône d'Angleterre. Innocent répondit en ordonnant à deux abbés de l'ordre de Oîteaux de s'informer si ces allégations étaient vraies , et , si elles l'étaient , de déclarer que le serment n'était pas obligatoire. Bientôt après il écrivit à l'évêque deCarlisle qu'il en avait découvert la fausseté, et il commanda au prélat d'annuler toutes les mesures qui avaient pu être prises en conséquence de sa première lettre. West. 319. Rym. I, 425.