Paris, 470, 4SO, 506, 54ô
3. Le lecteur se rappelle que la nécessité arracha à Louis de France la promesse de rendre la Normandie , le Maine et l'Anjou dès qu'il parviendrait à la couronne. Philippe , son père , mourut en 4223 [14 juillet]. Le ministère anglais le somma de remplir son engagement, et reçut, comme on devait s'y attendre, un refus péremptoire. Il n'était plus (ce fut sa réponse) lié par un traité déjà violé deux fois par le roi d'Angleterre, qui avait forcé les barons confédérés à racheter sa faveur par de grosses sommes d'argent, et, jusqu'à ce jour, les avait privés des libertés spécifiées dans la Grande-Charte. Louis ne se contenta pas d'un simple refus. Dès que la trêve entre les deux nations fut expirée, il publia de nouveau la sentence primitive de confiscation contre le roi Jean, entra en Poitou avec une armée nombreuse, prit possession de La Rochelle et des autres villes par force ou par corruption, et poussa ses conquêtes jusqu'à la rive droite de la Garonne. Le ministère anglais avait convoqué un parlement de barons à Northampton; mais leurs délibérations furent interrompues par la violence de Fawkes ; et le siège du château de Bcdford employa la meilleure partie de l'été. A Noël, après de violents débats et la confirmation de la charte, on accorda au roi une aide d'un quinzième; et avant Pâques Richard, son jeune frère, fut envoyé à Bordeaux, sous la conduite du comte de Salisbury, avec des forces insuffisantes, il est vrai, pour tenter aucune conquête, mais assez considérables pour défendre de toute insulte la province de Gascogne [avril 4225]. A la requête du légat du pape, les deux couronnes consentirent à un armistice d'un an, avant l'expiration duquel le roi de France mourut, et fut remplacé par son fils Louis IX, âgé de douze ans [8 nov. 4226] *. Les troubles qui suivirent cet événement, et l'hostilité des pairs les plus puissants contre Blanche, la reine-mère, et contre le conseil de régence, offrirent à Henri, qui avait atteint sa vingtième année, une occasion très-favorable xde recouvrer le patrimoine de ses ancêtres. Le roi était impatient de se distinguer dans une entreprise si honorable, mais il était aussi engagé dans des querelles avec ses barons ; et son ministre trouvait dangereux pour ses propres intérêts de quitter l'Angleterre, ou de se séparer du roi son maître. L'armistice fut renouvelé d'année en année, jusqu'à ce que Hubert jugeât qu'il était politique de céder, du moins en apparence, à la clameur qui s'était élevée contre lui. On avait reçu des sollicitations réitérées des habitants de la Guienne; les barons poitevins avaient offert de trans-
1. Les diblcs relatives à .sa mort qui se trouvent dans Paris (2821 peuvent être comparées avec les récits donnés par des témoins oculaires dans Spondan us (p. 93).