‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 586 sur 643 · Rym. i · texte numérisé non relu

Rym. i

3. Id. i, 471. Paris, avec son exagération habituelle, fait monter la somme a 70,000 marcs (p. 740.)

HISTOfRE D'ANGLETERRE

dans laquelle il protestait de nouveau de sa répugnance pour cette pratique , autorisait tous les patrons de bénéfices possédés par des étrangers à y présenter sur-le-champ , et déclarait que les individus ainsi présentés devraient et pourraient prendre possession immédiatement après la mort ou la résignation des présents bénéficiaires, et en dépit de toute provision qui pourrait, dans la suite, être faite par lui ou ses successeurs [3 nov. 1253] *. La controverse en resta là pendant le reste du règne de Henri.

Mais, en 1254, il s'ouvrit une nouvelle source d'extorsions. Lorsque les aventuriers normands s'étaient jadis emparés de la Sicile çt de la Pouille, ils avaient fait de leurs conquêtes, par donation volontaire, des fiefs du saint-siége. Ces deux royaumes avaient passé comme tels au dernier empereur, Frédéric; mais, durant la longue guerre qu'il fit aux papes Grégoire et Innocent, il fut condamné à la confiscation de toutes les terres qu'il tenait de l'église de Rome ; et on prit la résolution, dictée par l'expérience du passé, d'empêcher désormais la réunion sur la même tête de la couronne de Sicile et de la couronne impériale [1254]. Frédéric avait laissé de sa première femme un fils, nommé Conrad, roi d'Allemagne; de sa seconde femme , sœur de notre Henri , un autre fils, appelé du nom de son oncle ; et en outre un fils illégitime, Manfred, prince de Tarente, qu'on supposait avoir été complice de la mort de son père. Innocent ne voulait donner à aucun des trois le royaume de Sicile. Il l'offrit d'abord à Charles d'Anjou, frère de Louis de France; puis à Richard , frère du roi d'Angleterre ; et enfin à Henri lui-même pour son second fils, Edmond. Tous ces princes le refusèrent : Charles , à cause de l'absence de Louis qui était à la croisade; Richard, parce qu'il ne se sentait pas de force à soumettre les fils de Frédéric ; et Henri , pour ne pas paraître s'opposer aux intérêts de son jeune neveu , qui était soutenu par un parti puissant en Sicile. Conrad, à la tête d'une nombreuse armée, partit d'Allemagne; prit , après une résistance opiniâtre , Capoue, Naples et les autres villes de la Pouille qui s'étaient déclarées pour le pape, et se préparait à envahir la Sicile , lorsque le jeune Henri mourut subitement, empoisonné, à ce qu'on supposa dans le public, par son frère aîné. Innocent aussitôt renouvela son offre de la couronne pour Edmond; et le faible esprit du roi, n'étant plus retenu par les prétentions opposées de son neveu, accepta avec joie ce don éblouissant mais précaire. Il fut convenu avec l'envoyé du pape que le jeune prince tiendrait la Sicile et la Pouille comme fief du saint-siége; que Henri, avec une forte armée , mènerait immédia-

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