‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 588 sur 643 · Id · texte numérisé non relu

Id

que son père avait colonisés à Lucera de/ Pagani; et Alexandre avait envoyé le cardinal Octavien avec le marquis de Hoembourg à la tète de forces considérables, pour entreprendre la tache de soumettre et détruire les infidèles. Les deux armées restèrent quelques jours en présence l'une de l'autre ; mais Manfred était activement occupé à corrompre la fidélité des chefs mercenaires qui lui étaient opposés, et, grâce à leur connivence, il surprit et mit complètement en déroute les troupes du pape [18 sept.]. Alexandre informa Henri de ce sinistre événement ; mais il chercha à l'encourager par la considération que toute la Sicile et la Terre de Labour étaient encore fidèles aux intérêts d'Edmond, et il le conjura détenir ses engagements en envoyant immédiatement une forte armée *. Le roi en avait bien la volonté , mais il n'en avait pas les moyens : quoique ses barons condamnassent cette impuissante tentative , il ne renonçait pas à l'espoir de placer son fils cadet sur un trône, et, en conséquence, il s'engagea à payer toutes les premières dépenses , et à débarquer avec une armée dans la Pouille avant la prochaine fête de saint Michel. Les dettes montaient à quatre-vingtdix mille livres 2 ; et le pontife se plaignit hautement dans ses lettres de la détresse à laquelle il était réduit par la négligence de Henri à lui envoyer les remises [5 févr. 1256]. Son trésor, disait-il, était tout à fait épuisé; sa cour était entourée de créanciers demandant leur argent, et menaçant do saisir les terres des églises sur lesquelles leurs dettes étaient hypothéquées; et il avait licencié les troupes qui défendaient la Terre de Labour, faute de pouvoir payer leurs services 3. Pour se procurer de l'argent, on eut alors recours à tous les expédients que les ministres du roi ou du pape purent imaginer. Ce fut en vain que Henri s'adressa aux tenanciers laïques de la couronne : ils refusèrent obstinément d'accorder aucune aide pour acquérir la Sicile; et ils lui conseillèrent de laisser de côté ce projet, à cause de la grande puissance de Manfred, qui avait graduellement réuni toute la Pouille sous son étendard ; de l'énorme dépense qu'on avait déjà supportée , et qui serait doublée si on persévérait; et du danger que ferait courir à l'Angleterre l'ambition de ses voisins, si on transportait une armée nombreuse en Italie 4 . Le refus des laïques rejeta la plus grande partie du fardeau sur le clergé, qui fut contraint à la soumission

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