Paris
tacle [20 janv.] *. Eléonore avait été accompagnée en Angleterre par son oncle Guillaume, évèque élu de Valence, qui devint bientôt le favori du roi , fut admis au conseil, et prit l'ascendant dans l'administration. Les barons saisirent la première occasion de faire des remontrances; mais Henri apaisa leur colère en en faisant entrer trois de plus au conseil, et, afin d'être plus en sûreté contre leurs machinations, il obtint du pape un légat pour résider près de sa personne. Ce légat fut le cardinal Otlion , qui employa son influence à réconcilier Henri avec les plus mécontents d'entre les barons. Par son avis, Guillaume retourna sur le continent. Il mourut en Italie; mais le roi, soigneux de ses intérêts, l'avait auparavant fait nommer au siège de Winchester, vacant par la mort de Pierre des Roches [1er nov. 1238].
Ses favoris suivants furent deux autres oncles de la reine, Pierre de Savoie, à qui Henri donna la seigneurie de Richmond; et Boniface de Savoie, qui, à la mort d'Edmond, fut élu archevêque de Canterbury. Les indigènes renouvelèrent leurs plaintes, et ils attendaient avec impatience que Richard, frère du roi, revint de Palestine ; mais on décida ce prince à embrasser la cause des étrangers et à épouser Sanchette, autre fille de Raymond. Mais alors Isabelle, la reine-mère, mécontente que la famille de Provence eut le monopole de la faveur royale, envoya les enfants qu'elle avait eus de son second mari, le comte de la Marche, faire fortune en Angleterre. Alice, sa fille, fut mariée au jeune comte de Warenne; Guy, le fils aîné, reçut des présents considérables, et retourna en France ; Guillaume de Valence obtint, avec l'ordre de chevalerie , une pension et l'honneur de Hertford ; et Aymar fut envoyé à Oxford, fut nommé à plusieurs bénéfices, et enfin fait évèque de Winchester1.
Tandis que Henri songeait ainsi à pourvoir ses parents étrangers, il se trouva fréquemment réduit au besoin et sans crédit ni ressources. Ses plus despotiques prédécesseurs avaient dépensé des sommes infiniment plus fortes dans leurs expéditions étrangères et pour l'entretien de leurs troupes mercenaires, et n'avaient jamais hésité à extorquer à leurs sujets tout l'argent que leur ambition ou leur rapacité jugeait nécessaire. Mais l'imprudence de Jean avait engendré et la minorité de Henri avait nourri un esprit de résistance à l'exercice illégal de l'autorité; et les subsides dont le roi avait besoin dépendaient, d'après la Grande-Charte, non de son caprice, mais de la sagesse ou de la générosité des prélats et