‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 598 sur 643 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

couronne; recevaient la principale partie du revenu royal, et partageaient entre eux le produit des aubaines , des tutelles et des mariages des tenanciers du roi1. Mais les vues ambitieuses de Leicester commencèrent bientôt à alarmer ses allies, et une violente querelle entre lui et le comte de Gloucester menaça de dissoudre la confédération. Une fausse mais apparente réconciliation venait d'être effectuée lorsqu'une pétition des chevaliers-bacheliers d'Angleterre causa une nouvelle alarme. Ils invitaient le conseil à hâter la réforme , faisant observer qu'il était depuis dix-huit mois en possession de l'autorité souveraine , et que la nation en était encore à apprendre quel était le fruit de ses travaux. C'était là une remontrance dont il eût été dangereux de ne pas tenir compte , et dans le parlement suivant un projet de réforme fut proposé , approuvé, et l'exécution en fut prescrite aux juges dans leurs tournées [13 oct.]. Son principal objet était de garantir les tenanciers inférieurs de l'oppression de leurs seigneurs, et d'épurer l'administration de la justice. Les articles du premier chapitre ont rapport à des coutumes qui sont tombées en désuétude, et seraient en conséquence sans intérêt pour le lecteur; dans le second, le grand remède à tous les abus fut la nomination des commissaires chargés d'inspecter la conduite des juges. Deux eurent ordre de surveiller toutes les procédures du banc du roi ; deux autres, celles de l'échiquier ; et un cinquième, d'accompagner les juges ambulants dans leurs tournées respectives. Dans la même vue , quatre chevaliers furent choisis dans chaque comté avec pouvoir d'avertir au besoin le sheriff de son devoir, et d'informer le justicier lorsque l'avertissement serait négligé. Contrairement à l'arrêté de l'année précédente , les nouveaux sheriffs furent nommés par les grands officiers de l'État; mais les francs-tenanciers de chaque comté eurent ordre de choisir quatre personnes pour la Saint-Michel suivante, et de les présenter aux barons de l'échiquier, qui choisiraient dans le nombre le prochain sheriff. Tels furent les principaux articles de cette réforme si long-temps et si impatiemment souhaitée : articles qui trompèrent l'attente de la nation, et firent désirer généralement que l'autorité souveraine fut retirée des mains de quelques seigneurs factieux, et rendue à celui à qui elle appartenait constitutionnellement 5.

Henri, depuis deux ans, n'était qu'une ombre de roi M 260]. Les actes du gouvernement portaient bien son nom , mais l'autorité souveraine était exercée sans contrôle par les lords du conseil ;

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