West
3. Rym. 722, 723, 742, 746. Wikes, 55. Xrw Rym. I. 405, 7. 8,
desquels ses sujets pouvaient compter. Si , pourtant , ils renouvelaient les exactions de leurs prédécesseurs , et que la partie lésée en appelât à lui, il serait toujours prêt à rendre justice aux moindres de ses sujets contre le plus puissant de leurs oppresseurs. Les comtes de Leicester et de Gloucester, ainsi que l'évèque de Worcester, avaient sommé trois chevaliers de chaque comté au sud de la Trent de les rejoindre à Saint-Alban , mais une réconciliation momentanée s'effectua ; et le roi, par des ordonnances qui annulaient la sommation antérieure, ordonna aux mêmes chevaliers de se rendre près de lui à Windsor, afin d'assister à sa conférence projetée avec les barons et de se convaincre de la justice et de l'utilité de ses demandes *. Plusieurs entrevues entre les partis eurent lieu à Londres [6 déc.]. D'abord les barons parurent consentir à un plan de pacification proposé par le roi ; ensuite il fut résolu de soumettre les points en litige , les uns à la décision du roi de France , les autres à celle du roi des Romains [2 févr. 4 262]. Le comte de Leicester, toutefois, trouva moyen d'empêcher l'exécution de cet accord , et il se tint une troisième réunion, dans laquelle les barons abandonnèrent la plus grande partie des clauses, et le roi confirma celles qui intéressaient évidemment la prospérité du royaume [avril]. Leicester, toujours mécontent , retourna en France, disant que jamais il ne se fierait à la promesse d'un roi parjure [2 mai] * : Henri par une proclamation informa la nation que le pape Urbain lui avait confirmé l'absolution obtenue de son prédécesseur, qu'il avait repris l'exercice de l'autorité royale, et qu'il était déterminé à observer et à faire observer chaque article des deux chartes, et à punir sévèrement toutes les per sonnes qui adhéreraient à la confédération des barons s.
Le roi, se voyant alors en liberté, se laissa persuader de visiter Louis de France ; et Leicester profita de l'occasion pour retourner en Angleterre, et réorganiser l'association qui venait d'être dissoute. Ses espérances de succès se fondaient sur l'orgueil et l'imprudence du prince Édouard, qui, sourd à l'expérience, s'était entouré de soldats étrangers, et avait confié à leurs chefs la garde de ses châteaux. Une telle conduite non-seulement éveillait la jalousie des barons, mais lui aliénait l'affection des royalistes ; plusieurs de ceux-ci, privés des honneurs auxquels ils se croyaient des droits, s'adressèrent secrètement au comte, et lui amenèrent un important auxiliaire , Gilbert de Clare, fils et successeur du
1. Voyez les deux ordonnances dans Brady, H, App, n° 202, 203. 3. Wikes, 51. West. 380, 381. A", litjm. i, 411, 5, 0. 3. Apud Brady, u, App. n" 205.
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dernier comte de Gloucester". Le père par sa modération avait fréquemment paralysé l'ambition de Montfort; mais le fils, jeune homme de vingt ans, s'abandonna entièrement à la direction de ce seigneur, et mit à sa disposition la puissante influence de la maison de Gare. Henri , à son retour, instruit des projets de ses ennemis, ordonna aux citoyens de Londres, aux habitants des Cinq-Ports, aux principaux barons, et ensuite à tous les hommes libres du royaume, de jurer fidélité non-seulement à lui, mais, au cas de sa mort, à son fils aîné, le prince Edouard [10 mars 1263]. Le comte de Gloucester se refusa à ce second serment. Ses partisans aussitôt le rejoignirent à Oxford, et peu de jours après le comte de Lcicester parut à leur tète [23 avril]. La bannière royale déployée devant eux [4 juin], ils prirent Gloucester, Worcester et Bridgcnorth , ravagèrent sans merci les terres des royalistes , des étrangers et des indigènes qui refusaient d'entrer dans leurs rangs ; et, leur nombre augmentant à mesure qu'ils avançaient, ils dirigèrent leur marche ver» Londres. A Londres, les aldermen et les principaux citoyens étaient dévoués au roi : le maire et la populace se déclarèrent ouvertement pour les barons. Henri était en possession de la Tour ; et Édouard , après avoir pris de force mille marcs dans le Temple , se hâta de se jeter dans le château de Windsor, le plus magnifique palais, s'il faut en croire un contemporain, qui existât alors en Europe. La reine essaya de suivre son fils par eau ; mais la populace l'accabla des épithètes les plus outrageantes, lança des décharges d'ordures dans la barque royale, et se préparait à la couler bas avec de grosses pierres quand elle passerait sous le pont [14 juin]. A la fin le maire prit la reine sous sa protection, et la mit en sûreté dans le palais épiscopal, près de Saint-Paul *.
Le roi des Romains reparut sur la scène en qualité de médiateur. La négociation dura trois semaines ; mais Henri fut obligé de céder au pouvoir croissant de ses adversaires, et il fut convenu que les châteaux royaux seraient encore une fois commis à la garde des barons, les étrangers bannis de nouveau, et les articles d'Oxford confirmés après avoir subi les modifications qui seraient jugées convenables par un comité nommé à cet effet. Henri revint à son palais de Westminster ; on choisit de nouveaux officiers d'État, et on notifia les concessions du roi aux conservateurs de la paix flans les différents comtés.