‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 603 sur 643 · CHAPITRE QUINZIÈME. 64î · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME. 64î

tat et de sa maison, et appeler à son conseil tous ceux qu'il jugerait convenables, soit indigènes soit étrangers; il le rétablit dans la position où il était avant la réunion du « mad parliament, » et ordonna que toutes les offenses commises par l'un ou l'autre parti fussent ensevelies dans l'oubli. Cette sentence fut bientôt après confirmée par le pape ; et l'archevêque de Canterbury reçut l'ordre d'excommunier tous ceux qui, au mépris de leurs serments, refuseraient de s'y soumettre *.

Les barons avaient déjà pris leur résolution. Aussitôt que la décision leur fut annoncée, ils déclarèrent qu'elle était, au premier aperçu , contraire à la vérité et à la justice, et qu'elle avait été obtenue par la mauvaise influence que la femme de Louis, bellesœur de Henri, avait sur l'esprit de son mari*. Les hostilités recommencèrent immédiatement; et comme tous les propriétaires étaient obligés de se déclarer pour l'un des deux partis, la guerre civile se ralluma dans presque tout le royaume. Au nord, et dans presque tout le Cornwall et le Devon, la supériorité décidée des royalistes força les amis des barons à dissimuler leurs sentiments réels ; les comtés du milieu et les marches du pays de Galles étaient assez également partagés ; mais dans les Cinq-Ports, la métropole et les districts avoisinants, Montfort commandait sans opposition. Son partisan Thomas Fitz-Thomas avait été installé violemment dans l'office de maire de Londres, et une convention pour leur sûreté mutuelle avait été signée par cet officier et la communauté de cette cité d'une part, et par les comtes de Leicester, de Gloucester et de Derby, par Hugues-le-Despencer, grand justicier, et douze barons de l'autre. Dans les différentes assemblées de quartier, tout habitant mâle, au-dessus de douze ans, dut prêter serment comme membre de l'association ; on nomma un connétable et un maréchal de la cité, et on donna l'ordre de s'assembler en armes au premier son de la grosse cloche de Saint-Paul, et d'obéir à l'autorité de ces officiers. L'efficacité de ces nouveaux arrangements fut immédiatement mise à l'épreuve. Soit que Leicester cherchât à ôter aux citoyens toute espérance de pardon, ou à obtenir de l'argent pour les mesures à venir, Despencer, le justicier, vint de la Tour, se mit à la tête des bandes confédérées, et les mena détruire les deux palais du roi des Romains à Isleworth et à Westminster , ainsi que les maisons des nobles et des citoyens connus pour être attachés à la cause royale, ou soupçonnés de l'être. Les juges du banc du roi et les barons de l'échiquier furent jetés en prison;

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