Annal. Wvjorn. 496. Dunst
l'argent appartenant aux banquiers et marchands étrangers, qui, pour plus de sûreté, avait été déposé dans les églises, fut porté à la Tour ; et les juifs, au nombre de cinq cents hommes, femmes et enfants, furent conduits dans un lieu de détection. Despencer choisit quelques-uns des plus opulents d'entre eux pour s'enrichir par leur rançon ; il abandonna les autres à la cruauté et à la rapacité de la populace, qui, après les avoir dépouillés de leurs vêtements, les massacra tous de sang-froid. €ock ben Abraham, qui était regardé comme le particulier le plus riche du royaume, avait été tué dans sa propre maison par John Fitz-John, un des barons. Le meurtrier s'appropria d'abord les trésors de sa victime; mais ensuite il jugea plus prudent de s'en assurer la moitié, en faisant présent (hi reste à Leicester *.
Henri avait convoqué à Oxford les tenanciers de la couronne; et ayant été rejoint par Comyn, Bruce et Baliol, lords des frontières d'Écosse, il déploya son étendard et se mit à la tète de l'armée [iavr.]. Ses premières tentatives réussirent. Northampton, Leicester et Nottingham, trois des plus importantes forteresses au pouvoir des barons, furent réduites successivement; et parmi les prisonniers on compta Simon, l'aîné des fils de Leicester, quatorze autres bannerets, quarante chevaliers et un grand nombre d'écuyers. De Nottingham il fut rappelé dans le Kent par le danger de son neveu Henri, assiézé dans le château de Rochester. [26 avr.] A son approche, l'ennemi, qui avait pris et pillé la ville, se retira avec précipitation ; et le roi, après une tentative infructueuse pôur s'assurer de la coopération des Cinq-Ports, fixa son quartier -général dans la ville de Lewes s.
Leicester, ayant ajouté à son armée un corps de quinze mille citoyens, sortit de Londres avec la résolution de mettre un terme à la querelle [42 mai]. De Fletching il expédia une lettre à Henri, protestant que ni lui ni ses alliés n*avaient pris les armes contre le roi, mais contre les mauvais conseillers qui jouissaient et abusaient de la confiance de leur souverain. Henri répondit par un défi public qui était accompagné d'un message du princo Édouard et du roi des Romains, affirmant, au nom des barons royaux, que l'accusation était fausse, déclarant Montfort et ses adhérents par-
1. Wikes, 59, 60. West. 385. Le comte de Gloucester massacra aussi les Juifs à C&ntcrbury ; et le comte de Derby détruisit leurs maisons à Worcester, et les força de recevoir le baptême. Comme justification, on prétendit qu'ils étaient attachés au roi. qu'ils avaient en leur possession du feu grégeois, qu'ils avaient de fausses clefs des portes de la ville, et qu'ils avaient fait des passages souterrains conduisant de leurs maisons hors des murs. Dunst. 308. West. 385, 386. Triv. 214.