CHAPITRE QUINZIÈME
sous la protection du pape; mais détourné, par l'avis d'un complot contre ses jours, du projet de traverser la mer, il excommunia les barons dans le cas où ils n'auraient pas, avant le 1ep septembre, rétabli le roi dans tous ses droits [12 août] ; et en même temps H somma quatre des prélats anglais de comparaître devant lui à Boulogne [12 oct.]. Après bien des tergiversations, ceux-ci obéirent; mais ils appelèrent de sa juridiction à l'équité du pape, ou à un concile général ; et quoiqu'ils eussent. consenti à rapporter une sentence d'excommunication contre les ennemis du roi, ils so la laissèrent volontairement prendre par les officiers de Douvres. [23 oct.] Leur appel fut approuvé par l'assemblée du clergé, et Guido, après avoir publié lui-même l'excommunication à Hesdin, retourna à Rome, où il fut élevé A la chaire de saint Pierre sous le nom de Clément IV [30 oct.] *.
Durant Tété, Leicester avait été assailli de sollicitations réitérées pour l'élargissement des deux princes, Édouard et Henri . Dans l'hiver, il feignit d'y acquiescer, et convoqua un parlement qui devait se réunir après Noël, dans le dessein de donner la sanction de la législature à une mesure si importante [14 déc.]. Mais ia manière extraordinaire dont cette assemblée fut constituée fit nattre le soupçon que son objet réel était de consolider et de perpétuer son propre pouvoir. On ne convoqua que les prélats et barons connus pour être attachés à son parti ; et les vides furent comblés par des représentants des comtés, des villes et des bourgs *, qui, ayant été choisis sous son influence, se montrèrent les ministres dociles de sa volonté [1265, 21 janv.]. Plusieurs semaines se passèrent en négociations particulières avec Henri et son fils. Leicester connaissait l'esprit indomptable d'Êdouard, et il ne voulut consentir à ce que le prince quittât sa prison pour venir auprès de son père qu'à la condition qu'il resterait toujours sous la surveillance de ses gardiens, et qu'il témoignerait sa gratitude de cette tolérance en cédant au comte et à ses héritiers le comté de Chester, le château de Pec et la ville do Newcastle-sous-Lyne, en échange de laquelle il recevrait d'autres terres du même rapport annuel. A la fin, les termes furent réglés et confirmés par le parlement, avec toutes les sûretés additionnelles que la méfiance de la faction put inventer. Il fut décrété, « par le commun consentement du roi, de son fils Édouard, des prélats, des comtes, des barons et de la communauté du royaume, » que les chartes et ordonnances seraient inviolablemcnt observées; que ni le roi ni le prince n'in-
1. Dunst. 373. 374. Rym. I. 70S-800. W.st. 388, 389. 394. Wikes, 63. flf>.