‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 609 sur 643 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

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prédicateurs qui, bien qu'il eût été excommunié par le légat, prirent ses vertus pour thème de leurs sermons, et exhortèrent leurs auditeurs à soutenir le patron des pauvres et le vengeur de l'Église «. Dans l'intérieur du royaume nul n'osait contester son autorité : c'était seulement aux extrémités qu'on continuait une ombre de résistance. II méprisa ou feignit de ne pas voir la désobéissance de quelques chefs éloignés sur les frontières de l'Écosse ; et les hostilités ouvertes des lords des marches galloises furent écrasées à leur naissance par sa promptitude et sa décision. [15 janv.] Il força Roger de Mortimer et ses alliés de jeter bas les armes , de livrer leurs châteaux , et de subir le jugement de leurs pairs, par qui ils furent condamnés à s'expatrier, les uns pour un an, les autres pour trois, et à résider en Irlande pendant leur exil. Ils feignirent de se soumettre, mais ils s'arrêtèrent aux bords do la mer et dans les montagnes de Galles, dans l'espoir que quelque nouvel événement leur fournirait encore l'occasion de tirer l'épée et de combattre pour leur souverain 2.

U avait fallu à Leicester des années et beaucoup de peine pour gravir au faite de sa grandeur : sa descente fut rapide au delà des plus ardentes espérances de ses ennemis. 11 avait eu jusqu'alors la coopération des puissants comtes de Derby et de Gloucestcr; mais s'il était trop ambitieux pour admettre un égal, ils étaient trop fiers pour se courber devant un homme qui n'était qu'un sujet comme eux. De fréquentes altercations trahirent leur secrète jalousie, et l'arrestation soudaine et l'emprisonnement de Derby, sur une accusation de correspondance avec les royalistes, avertit Gloucester de son propre danger. 11 eût partagé la captivité de son ami s'il eût assisté au grand tournoi de Northampton ; par son absence il déconcerta les plans de son ennemi , et , rappelant Mortimer et les exilés, il déploya l'étendard royal au milieu de ses tenanciers [19 avril]. Leicester immédiatement accourut à Hereford avec le roi, le prince et un corps nombreux de chevaliers. [25 avril] Pour prévenir l'effusion du sang, leurs amis communs s'interposèrent : une réconciliation s'effectua , et quatre arbitres entreprirent d'arranger leurs différends. [1 8 mai] Mais sous cette apparence d'amitié tout était creux et faux : Leicester tâchait de circonvenir son adversaire; Gloucester attendait le résultat d'un plan pour la déli-

1. Rym. I, 823. West. 395. Il est amusant de comparer les écrivains opposés de cette époque. Wikes et l'auteur de la lettre dans Westminster (392-395) sont royalistes, et blâment sévèrement et l'ambition et la trahison de Leicester; mais, dans l'opinion des chroniqueurs de Dunstaple r3»i3j et de Waverley l22U|, il vécut en saint, et mourut en martyr.

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