Bed. il
bien-être de la société furent scrupuleusement énumérés : le vol dans ses différents degrés, le meurtre , le sacrilège, les outrages faits à la chasteté des femmes, et les infractions à la paix du roi et à celle de l'Église ; et à chacune était attachée une amende proportionnée, qui s élevait suivant la dignité de la personne contre qui l'offense était commise. D'après ces lois, il paraît que tous les hommes libres étaient classés selon leur fortune et les emplois qu'ils occupaient. A chaque classe étaient assignés son mund et son were particuliers. Le mund était l'amende pécuniaire, qui était destinée à pourvoir à la sûreté de chaque individu et de ceux qui vivaient sous son toit. Ainsi le mund d une veuve, si elle était du plus haut rang, montait à cinquante shillings; si elle était du second, à vingt; du troisième, à douze, et du quatrième, à six. Le were était la somme à laquelle la vie de chaque personne «tait évaluée. Si vous étiez tué, le meurtrier la payait comme compensation à votre famille; si vous-même vous transgressiez les lois, vous la payiez au roi en échange de votre tête. Mais le meurtre n'était pas seulement un crime envers les individus , il était aussi considéré comme un tort fait à la communauté ; et le coupable était forcé d'offrir à la justice outragée de son pays, aussi bien qu'à la famille du défunt, ce que l'on estimait être une compensation. A cet effet, outre le were, il payait une amende proportionnelle, appelée le wite, qui était touchée par le roi ou par le magistrat en chef du district. Les mêmes distinctions et les mêmes peines, sauf quelques modiheations dues au temps et aux circonstances, se maintinrent dans toutes les lois des législateurs qui suivirent *.
[A. D. 6t6.] Ethclbert mourut en 616. La couronne fut dévolue à son fils Eadbald, dont les passions violentes faillirent replonger la nation dans l'idolâtrie, d'où elle sortait à peine. La jeunesse et la beauté de sa belle-mère, veuve d'Ethelbert, le décidèrent à la prendre pour femme ; et quand les missionnaires l'avertirent de rompre celte union contre nature , il abandonna une religion qui lui interdisait de satisfaire ses désirs. A la même époque, les trois fds de Saberct (leur père était mort) relevèrent les autels des dieux, et bannirent du territoire l'évêque Mellitus. Il seïetira en Gaule avec Justus de Rochester; et Laurentius, successeur d'Augustin au siège de Cantcrbury, était déterminé à suivre leurs pas. Le matin du jour fixé pour son départ, il fit une dernière tentative sur l'esprit d'Eadbald. Ses représentations réussirent : le roi répudia sa belle-mère et rappela les prélats fugitifs. La sin-