I. Rym. i, 861-864. Wîkes
6fiC HISTOIRE D'ANGLETERRE.
retourner avec ses compagnons en Italie. Il fixa sa résidence a Trapani , afin de pouvoir reprendre son voyage à la première apparition du printemps, et il envoya en Angleterre son cousin Henri avec des instructions particulières. La curiosité poussa ce prince à visiter Viterbe, en compagnie des rois de France et de Sicile, pour être témoin de l'élection du successeur du pape Clément IV Un matin il entra de bonne heure dans une église pour entendre la messe [1271 , 3 mars]. Après la cérémonie, il restait absorbé dans ses dévotions, lorsqu'il fut alarmé soudain par le son d'une voix bien connue qui lui criait . « Traître de Henri , tu ne m'échapperas pas ! » Se retournant , il vit ses deux cousins , les proscrits Simon et Guy de Monfort, qui accouraient à lui l'épée nue et complètement armés. L'infortuné prince aussitôt s'élança vers l'autel. Mais la sainteté du lieu ne put le sauver. De deux ecclésiastiques qui s'interposèrent généreusement, l'un fut tué et l'autre laissé pour mort. Henri lui-même tomba percé de mille coups. Les deux frères assouvirent leur vengeance en mutilant soh cadavre , qu'ils traînèrent jusqu'à la porte de l'église, et remontèrent à cheval en triomphe sous la protection du comte Aldobrandini, beau-père de Guy. Cet assassinat sacrilège répandit un deuil général dans Ja ville. Les Mont fort furent excommuniés à l'instant par le collège des cardinaux ; Charles donna l'ordre de les arrêter , et Philippe exprima publiquement la plus profonde horreur de leur conduite. Ces princes étaient peut-être sincères , mais aucune démonstration de douleur ou de ressentiment ne put effacer de l'esprit d'Êdouard le soupçon que, s'ils n'étaient point complices du meurtre, du moins l'évasion des meurtriers s'était effectuée avec leur consentement ou leur connivence *.
Richard , frère du roi, conservai t toujours ses prétentions à l'empire . Il avait revisité depuis peu son royaume nominal, traité les princes allemands à Worms, et aboli avec leur concours les droits exorbitants levés sur le passage des marchandises par les villes situées sur les deux rives du Rhin. Quoique avancé en âge , il se remaria à la fille de Théodoric de Falquemort, baron allemand ; et, fier de la beauté remarquable de sa jeune épouse , il se hâta d'aller la montrer dans son pays; mais sa vanité fut réprimée par la triste catastrophe de son fils , dont il fit enterrer le corps dans l'église de Haies , abbaye qu'il avait fondée. Bientôt après ses propres restes furent déposés dans le même caveau [12 déc.]. A Kirkham, une attaque de paralysie l'avait privé de l'usage de ses membres ; et l'habileté de ses médecins ne put prolonger sa vie que de