CHAPITRE QUINZIÈME. fi
noter diverses particularités intéressantes relatives à la législature, aux lois, à la police et à l'église d'Angleterre.
I. Durant le règne de Henri, mais lorsqu'il était sous le contrôle de Leicester, nous sommes surpris de l'apparition inattendue d'un parlement composé, comme le sont nos parlements actuels, de lords spirituels et temporels, et des représentants des comtés, des villes et des bourgs *. Était-ce l'innovation d'un hardi et politique aventurier, ou simplement la répétition d'une forme ancienne et accoutumée ? Il y a un peu plus d'un siècle , la question a été chaudement débattue entre les champions des prérogatives de la couronne et ceux des libertés du peuple : depuis cette époque, elle a été approfondie avec plus de sang-froid et d'impartialité, et un grand nombre d'écrivains se sont accordés à déclarer que l'assemblée de 4265 était une expérience nouvelle, imaginée dans le but d'étendre l'influence de Leicester et d'assurer un appui à ses projets. \° Nous chercherions en vain dans l'histoire des règnes précédents une preuve satisfaisant^ que les villes et les bourgs aient envoyé leurs représentants aux conseils nationaux. Les historiens, il est vrai, mentionnent quelquefois le peuple, ou la multitude, comme attendant la décision de l'assemblée et témoignant son approbation par ses applaudissements; mais ces passages peuvent fort bien s'entendre des habitants du voisinage que la curiosité aurait amenés sur les lieux , ou des accusés et pétitionnaires , des plaideurs et pleiges , dont le devoir ou dont l'intérêt était d'être présents ; et des ecclésiastiques et moines, des chevaliers et écuyers qui accompagnaient leurs seigneurs, les prélats et les barons *. Si , plus tard, quelques bourgs ont réclamé le privilège de représentation comme remontant à une haute antiquité, ou si les membres de la chambre basse se sont vantés d'avoir fait partie constituante de la législature de temps immémorial ; ces prétentions peuvent être attribuées soit à leur ignorance de l'histoire, soit à l'emploi d'expressions légales qui n'avaient pas de sens défini. Quant à moi , tous les grands conseils tenus sous les premiers rois normands me paraissent avoir été constitués sur des principes féodaux. Le souverain pouvait réclamer une aide extraordinaire de son homme-lige ; mais le consentement de l'homme-lige était requis pour légaliser l'aide. Il pouvait chercher à faire des modifications aux lois et coutumes du