‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 626 sur 643 · CHAPITRE QUINZIÈME. C · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME. C

sième il était ordonné que quatre discrets chevaliers du comté seraient envoyés sans armes à Oxford pour traiter avec le roi des affaires du royaume l. On ne peut guère douter que cette dernière partie ne fût une convocation de parlement, attendû qu'elle est conçue dans les mêmes termes que les ordonnances rendues plus récemment à cet effet. Le premier aperçu de l'acte, il est vrai, n'indique pas si les chevaliers devaient être choisis par le comté ou nommés par le sheriff ; mais cette ambiguïté est détruite par ce qui suit. En 1264 , Henri III était en Gascogne ; et d'après ses instructions la reine Éléonore et le comte de Cornwall , régents , sommèrent toutes personnes tenant en chef des terres de la couronne montant à vingt livres par an , de s'assembler à Portsmouth à jour marqué, et de s'embarquer pour secourir le roi ; puis ils ordonnèrent que « outre ceux-ci, deux loyaux et discrets chevaliers seraient choisis par les habitants de chaque comté au lieu et place de tous et de chacun, pour s'assembler à Westminster, et déterminer, avec les chevaliers des autres comtés, quelle aide ils accorderaient à leur souverain dans ses embarras présents, de façon que ces mêmes chevaliers fussent en état de répondre au sujet de ladite aide pour leurs comtés respectifs *. » Cet ordre embrasse deux objets • des grands vassaux de la couronne, il requiert le service militaire ; des autres habitants de chaque comté, il demande une aide pécuniaire , et à ce propos il prescrit l'élection de représentants dont la décision engagerait leurs commettants. Si les barons furent sommés de s'assembler au môme endroit que les chevaliers des provinces, le fait est incertain , mais sans importance ; car , à cette époque , les différents ordres votaient leurs fonds séparément et sans l'intervention les uns des autres. L'exemple suivant (dont il a été question dans les pages précédentes) se présenta sept années plus tard. Leicester avait convoqué à Saint-Albans un parlement « auquel chaque comté eut ordre d'envoyer trois chevaliers, afin qu'ils pussent traiter des intérêts communs du royaume. » Mais, dans

1. « Prœcipimus tibi quod omnes milites ballivœ tu» qui summoniti fuerunt esse apud Oxoniam ad nos a die Omnium Sanctorum in quiudecim dies, venies facias cum armis suis , corpora vero baronum sine armis ; similiter et quatuor discretos milites de comitatu tuo illuc venire facias ad eumdem terminum, ad loquendum nobiscum de negotiis regni no*tri. xv die nov. » New Rym. 117.

2. u Prœter omnes prœdictos, venire facias coram concilio nostro quatuor légales et discretos milites de comitatibus prœdictis (Bedford et Bucks), quos idem comitatus ad hoc elegerint — vice omnium et singulorum eorundem, viz-duos de uno comitatu et duos de alio, ad providendum una cum militibns aliorum comitatuum qualc auxilium nobis in tanta necessitate in penderc voluerunt... ita quod pnefati quatuor milites pnefato concilio nostro ad prœdictum terminum respondere possint

N sup^r prtedicto auxilio pro singulis comitatibus prœdictis. » 2. Prynnc, p. 23. Brady. i, 212.

l'intervalle , une réconciliation momentanée eut lieu entre lui et Henri, et il fut convenu que le roi tiendrait le parlement le même jour à Windsor, et publierait de nouvelles ordonnances qui enjoindraient La présence de ces mêmes chevaliers. Ils étaient appelés à « traiter les mêmes sujets, » et à « se convaincre que le roi ne se proposait rien qui ne fût pour l'honneur et le commun avantage du royaume *. » Ici ce fut un parlement réel, ce me semble, et il fut suivi de la célèbre assemblée de 4265.

Mais dans cette partie des recherches il se présente une question qui, à la juger seulement d'après les nombreux raisonnements auxquels elle a donné lieu , doit être d'une solution très-difficile. Les chevaliers de la province étaient-ils simplement les représentants des tenanciers de la couronne, ou ceux de tout le corps des francs-tenanciers ? Beaucoup d'antiquaires distingués ont soutenu que, pour soulager les petits barons du fardeau d'assister en personne aux assemblées, on leur permettait d'y envoyer leurs représentants ; et ils en ont inféré que les autres propriétaires du comté étaient entièrement exclus de toute participation à l'élection. Mais si on pèse le langage des anciennes ordonnances, cette théorie paraîtra extrêmement peu probable. Il peut résulter quelque ambiguïté de l'expression de francs-tenanciers, qui étaient employée parfois pour désigner, et les tenanciers de la couronne par service militaire, et tous les autres tenanciers par service libre *. Mais pouvons-nous croire que si l'exclusion eût effectivement existé , on n'y eût jamais fait allusion ? Les ordonnances elles-mêmes semblent prescrire une pratique opposée. Jamais elles ne fonjt mention des tenanciers en chef. Elles n'exigent d'autre qualité du candidat que d'être loyal et discret chevalier, et aux électeurs que d'être du ressort du comté. Elles ordonnent que l'élection soit faite en cour plénière , ce qui , nous le savons , comprenait tous les francs- tenanciers sans distinction s, et elles investissent les personnes élues du pouvoir de lier par leurs votes, non-seulement les

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