C«s. v, 1-23. Dio, XL
2. On ne sait si les tribus belges doivent être considérées comme d'origine celtique ou gothique.
servé les noms de leur pays natal Au delà vivaient d'autres tribus moins familiarisées avec les habitudes de la vie civilisée. Quand il s'enquit de leur origine, on lui dit que leurs ancêtres étaient la production spontanée du sol : des découvertes plus récentes ont prouvé qu'elles étaient celtes et qu'elles descendaient des premiers colonisateurs de la Bretagne8.
Le nombre d'habitants qui se trouvaient dans les cantons qu'il fut à môme d'observer étonna le général romain ; et il y a lieu de croire que beaucoup d'autres cantons étaient également peuplés s. La population de l'ile entière comprenait plus de quarante tribus, dont plusieurs, tout en gardant leurs anciens noms, avaient été privées de leur indépendance ; tandis que d'autres, après deux ou trois siècles de révolution , étaient parvenues à une haute supériorité de pouvoir. Le long espace de terre situé au sud de la Severn et de la Tamise était inégalement réparti entre dix nations, dont les principales étaient: les Cantii, ou hommes du Kent; les Belges, ou habitants des comtés actuels de Hampshire et de Wilts , et les Damnonii, qui de la rivière d'Ex s'étaient peu à peu étendus jusqu'au promontoire de l'Ouest. Des deux côtés de ce bras de mer qu'on appelle aujourd'hui le canal de Bristol, la tribu la plus puissante était celle des Silures : des rives de la Wye, leur première résidence, ils avaient porté leurs armes jusqu'à la Dee et à l'Océan, et leur autorité était reconnue par les Ordovices et les Dimètes, habitants des montagnes du nord et des cantons occidentaux du pays de Galles. Sur la côte orientale de l'ile, entre la Tamise et le Stour, étaient les Trinobantes, dont la capitale était Londres; et du Stour au Humber les deux nations sœurs des Iceni, appelées Cenimagni et Coitanni. Les Dobuni et les Cassii, tribus confédérées
2. Je ne citerai pas la fable de Brutus, arrière-petit-fils d'Enée , qui donna son nom à l'île , et dont les descendants ont , dit-on , porté le sceptre pendant plusieurs générations (Nennius dit avoir tiré cette fnble ezvtteribus scriptts velerum noslrorutn, edit. Bert.. 101 ; ce qui remonte plus haut que Geoffroy ou Tyssilio) ; ni les rêves d'antiquaires plus modernes qui ont été chercher le patriarche des Cymri dans l'arche de Noé , et l'ont conduit , lui et ses enfants , & travers mille périls en Bretagne. — Les triades nous ont donné les noms et , dans certains cas, l'origine des trois tribus primitives qui se sont établies en Bretagne , des trois tribus étrangères qui y furent paisiblement admises , et des trois tribus usurpatrices qui prirent possession de la plus grande partie de l'île. Mais, quelle que soit l'antiquité des triades , leur témoignage doit être douteux , n'étant fondé que sur la tradition orale ou sur des fictions forgées originairement pour expliquer les apparences ; car Gildas nous apprend que , de son temps , il n'e istait chez ses compatriotes aucun document historique : « Quippe quœ, si quft fuerlnt, aut ignibus hostium deletà* » aut civium exilii classe longius deportata , non compareant. » Gild., edit. Bert., p. 69.
8, « Hominum est infinita multitudo. » Cies. v, 12. Ilo)a>avô/50J7roç v>î<xoçt Piod, Sic. v, 347. « Brigantes, civjtas numerosissima,» Tac. Agrio. c. 1T,