CHAPITRE PREMIER
sous les lois de Cassibelan , s'étendaient sur la rive gauche de la Tamise depuis la Severn jusqu'aux Trinobantes, et au-dessus d'eux résidaient les' Carnabii et plusieurs clans de moindre importance. Les Brigantes étaient la plus puissante de toutes les nations bretonnes : ils étaient bornés par le Humber au sud et par la Tyne au nord ; et ils avaient subjugué les Volantii et les Sistuntii de la côte occidentale. Au nord des Brigantes étaient cinq tribus, connues sous la dénomination générale de Maaetes; et, par delà celles-ci, erraient au milieu des lacs et des montagnes divers clans, parmi lesquels les Calédoniens réclamaient la palme du courage ou de la férocité 1 .
Tous les indigènes de la'Bretagne sont appelés indistinctement bar* bares par les auteurs romains. C'est un terme dont le sens indéfini doitvarier suivant l'objet auquel il s'applique. Quoique bien éloignées de l'élégance et du raffinement de leurs envahisseurs, les tribus belges du sud pouvaient presque prétendre au mérite de la civilisation en comparaison de leurs sœurs du nord. Elles fabriquaient elles-mêmes leurs vêtements : un manteau carré couvrait une veste et des culottes, ou une tunique à gros plis, d'une étoffe tressée ; une ceinture leur serrait la taille ; des anneaux ornaient le second doigt de chaque main , et une chaîne de fer ou de cuivre était suspendue à leur cou a. Leurs huttes ressemblaient à celles des Gaulois, leurs voisins : des fondations en pierre soutenaient un mur circulaire en bois de charpente et en roseaux, sur lequel était jeté un toit conique, percé au centre, dans le double but de laisser entrer la lumière et sortir la fumée5. En agriculture ils étaient fort habiles : ils avaient découvert l'utilité de la marne comme engrais ; ils faisaient pousser plus de grains qu'il n'en fallait pour leur cor.-1 sommation, et, pour les conserver jusqu'à la moisson suivante, ils les emmagasinaient, en général, dans des cavités de rochers4. Mais au delà des frontières des tribus méridionales, ces faibles traces de civilisation disparaissaient par degrés. Les nations du centre et de l'ouest ne connaissaient ni agriculture ni manufactures ; leurs richesses consistaient dans l'étendue de leurs pâturages et dans le nombre de leurs troupeaux. Elles apaisaient leur faim avec du lait et de la viande, et, vêtues de peaux, elles défiaient la rigueur des saisons 5. Mais même les bêtes à laine étaient peu connues dans
1. Ptolem. vin, 2. Ricard. Corin. i, 6. IVhitaker's Manchester, i, 91; n, 201.
2. Plin. vin, 48; xxxiii, 1. Dio, in Nerone, p. 169. Whitaker*s Manchester ,\iif 5.