‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 72 sur 643 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

tentions d'un dangereux compétiteur qui était de la maison d\Elki, Oswin, fils d'Osric; et la prudence ou la nécessité lui fit accepter un compromis par lequel il adjugea le Deire à son rival, se réservant la Bernicie et les conquêtes du nord. Le pinceau du vénérable Bède a peint des plus agréables couleurs le caractère d'Oswin . Il était affable, juste, gracieux et généreux. Ses sujets idolâtraient ses vertus, et sa cour était remplie de Saxons étrangers qui sollicitaient du service auprès de lui. Les deux princes vécurent six ans avec les apparences d'une amitié réciproque ; mais, dans la septième, leur jalousie secrète éclata en hostilités. Oswin, ne voyant aucune probabilité de succès , licencia son armée , et se cacha avec un seul serviteur à Gilling, maison de l'ealdorman Hundwald. [A. D. 651.] Le perfide thane le livra à son ennemi, et sa mort seule put satisfaire la politique d'Oswio. L'évèque Aidan, qui l'aimait et le révérait pour ses vertus, déplora amèrement sa destinée, et douze jours après le suivit au tombeau *. Le Northumbre, toutefois, ne recueillit pas le fruit de sa cruauté. Oidihvald, fils d'Oswald, fut placé sur le trône des Deiriens, probablement par l'influence supérieure de Penda *.

Ce monarque remuant paraissait déterminé à obtenir la dignité de bretwalda. Il avait depuis peu expulsé Coinwalch du trône de Wessex, parce que ce prince avait répudié sa fille Sexburge. Il dirigea alors ses armes contre la Northumbrie , pénétra de nouveau jusqu'à Bamborough, et mit le feu à toutes les habitations qui se trouvèrent sur son chemin s. Oswio, averti par la destinée de ses prédécesseurs immédiats, Edwin et Oswald, fit tous ses efforts pour apaiser le ressentiment d'un si formidable ennemi. Il lui envoya des présents du plus grand* prix ; son second fils, Egfrid, fut remis comme otage à la reine Cynwise, femme de Penda ; et l'aîné, Alchfrid, épousa Cyneburge, fille du Mercien. Cette alliance entre les deux familles attira à la cour northumbre Peada, fils de Penda , qui venait voir sa sœur. Il y vit Alchflèdc , fille d'Oswio, et elle lui plut ; mais la différence de religion aurait opposé à leur union un obstacle insurmontable, si Alchfrid n'eûtdécidé son ami à écouter les enseignements et à embrasser les doctrines du christianisme. La sincérité de celui-ci ayant été mise en question, il répondit avec chaleur qu'aucune considération, pas même le refus d'Alchflède, ne le ferait retourner au culte do Woden ; et à son départ il emmena quatre prêtres pour instruire ses sujets, les

Page 1